ETONNANTE RÉSILIENCE

Étonnante résilience …

Jeannette Roy

Après cet interminable et rigoureux hiver j’étais aux aguets de l’éveil du printemps. Mais, il tardait à venir car, devant ma fenêtre, les bourgeons des érables se devinaient à peine sur leurs branches dénudées. Et voilà qu’un peu de chaleur et quelques averses l’ont éveillé. Les arbres se sont revêtus petit à petit de leur verte parure. Puis les fières tulipes et les humbles violettes ont cédé la place aux grappes odorantes du lilas et aux jolies clochettes du muguet.

Cet éveil miraculeux de la nature m’a fait, une fois de plus, réaliser sa résilience. Cette aptitude étonnante, nous la partageons avec tout être vivant. Disons que ce terme a tout d’abord été utilisé en ingénierie, pour définir la capacité d’un matériau à retrouver sa forme originale après avoir subi des déformations par pression. Il exprime la réalité de la souffrance (pressions) et l’espoir (retrouver sa forme originale). La résilience est donc cette capacité à vivre, à réussir et à se développer en dépit de l’adversité. Elle est présente tout au long de notre vie et il n’en tient qu’à nous de la mettre en œuvre.
Ne croyez-vous pas, chers Internautes, qu’il serait enrichissant de partager nos expériences à ce sujet?

10 réponses à “ETONNANTE RÉSILIENCE

  1. Lorsque je travaillais comme infirmière à l’Hôpital Ste-Justine, j’ai eu le privilège de faire partie de la première équipe de soins post-opératoires en chirurgie cardiaque infantile. Notre éducateur a été le Dr Paul Stanley, chirurgien non seulement d’une rare compétence mais aussi d’une très grande compréhension de ce que pouvaient vivre ses petits malades.

    Sans doute, il lui fallait parfois opérer d’urgence un bébé naissant afin de lui permettre de survivre à une malformation cardiaque qui mettait sa vie en danger, mais en général ses patients étaient d’âge pré-scolaire.

    Ceux qui m’a frappée le plus chez ces derniers était leur étonnante résilience. Je crois que l’une des raisons est que l’enfant vit davantage dans le moment présent que nous les adultes. Sans doute pouvaient-ils appréhender jusqu’à un certain point l’opération qu’ils allaient subir. Mais la période préparatoire était suffisamment longue pour qu’ils se familiarisent avec le milieu et ce qui les attendaient après l’intervention.

    Leur résilience se manifestait non seulement par une convalescence, en général exempte de complications, mais aussi par un vif intérêt pour tout ce qui se passait autour d’eux. La preuve en étaient leurs réactions et réflexions qui ne manquaient ni de réalisme, ni même d’humour.

    Intérêt pour le moment présent, réalisme et humour sont pour moi des signes indiscutables de résilience. Qu’en pensez-vous, chers Internautes?

  2. À quoi est dû le phénomène de la résilience ?
    Dans ma vie, j’ai connu des souffrances certaines. Parfois elles remontent à la surface le temps d’une œillade — pas de quoi faire mal — ou selon l’événement qui les rappelle, réveillent une souffrance aigre-douce ! Jamais de quoi me déstabiliser cependant.
    Je constate aussi que le degré d’énergie en place fait une différence importante. Plus jeune, une souffrance n’a pas le même impact sans doute. Encore, cela dépend À QUOI CETTE SOUFFRANCE TOUCHE. LE DEGRÉ DE RÉSILIENCE VARIE … selon que la personne est touchée dans sa dignité profonde ou dans un aspect plus superficiel : une erreur passagère, une maladie dont on peut guérir …
    De toute façon, je crois que la résilience est profondément reliée à notre goût de vivre. Rien ne nous est plus cher que la VIE ! Autrement comment expliquer que des personnes aient réussi à traverser de véritables enfers : camps de concentration, camps de réfugiés, séismes comme celui qu’Haïti a connu, drames familiaux déchirants etc. etc. Elles ont traversé ces situations déshumanisantes et ont conservé leur volonté de vivre.
    C’est FORT LA VIE !… et c’est SACRÉ.
    Probablement que la résilience ne pourra jamais éviter ce tourment secret qui peut se tapir dans la conscience et demeurer au-delà du temps … La vie a été menacée à un niveau ou l’autre alors l’avertisseur qui porte le nom de «résilience» sonne l’alarme et demeure aux aguets …sans étouffer la vie! pourtant …

  3. Je viens de vivre la mort subite d’un frère …J’accuse un gros choc car j’aimais ce grand gaillard de frère ! Sa simplicité, sa vérité, son cœur débordant de générosité me touchaient immanquablement. Nous étions toujours heureux et heureuse de nous revoir. Sans doute parce que je vieillis, mais je ne me suis jamais sentie aussi loin de ma famille. J’habite au Québec et la majorité habite en Ontario … Mon cœur fait mal actuellement. Reprendra-t-il sa forme ? À quelles conditions ?

    ÉTONNANTE RÉSILIENCE … dit le thème actuel de notre Blog.
    Il faut d’abord que je me dise qu’il va falloir du temps … Je prévois, du moins j’espère, que la rencontre avec toute la famille va contribuer à amorcer la guérison d’une blessure normale. Le moindrement que l’être humain collabore, le TEMPS EST UN ÉLÉMENT GUÉRISSEUR. Il nous faut cependant essayer de sortir de la morosité, de la négation. Je vais essayer de le faire.
    En ce qui me concerne, la foi chrétienne est certainement un facteur majeur dans la résilience qui est déjà à l’œuvre … Cependant la rencontre avec ma famille, peut questionner les racines et la solidité de ma foi. Nous sommes de différentes appartenances religieuses et culturelles. L’intergénérationnel joue aussi. Tout cela occasionne des manières différentes de vivre un deuil. Autant je crains les mésententes qui peuvent en jaillir, autant par ailleurs, je me sens disponible pour vivre une différence qui peut être très constructive,« solidifiante» !

    Ceci me fait conclure que toute résilience demande une collaboration de notre part. «La résilience est cette capacité à vivre, à réussir et à se développer en dépit de l’adversité»(Blog) … Capacité qui repose sur notre décision d’avancer en dépit même des questionnements vécus au cœur de nos certitudes.
    Je fais des vœux pour que nos cœurs sortent tous plus forts de l’épreuve actuelle !

  4. Résilience…. une force de vie …. une force de la VIE!
    Je crois que la nature nous enseigne énormément à ce sujet. Je veux rejoindre le commentaire de Lucille concernant le thème du jour.
    Par un drôle de hasard Lucille et moi sommes originaires du même patelin… et enfants de la ‘terre’ comme on disait à une époque.
    Puisque nous avons vécu en voisins sur des fermes et que l’une d’elles est devenue projet d’habitations tandis que l’autre attend le même sort, je vois de la résilience à chaque fois que je retourne ‘chez moi’ et que je vais ‘faire un tour’ devant notre vieille ferme…. Cette terre a été défrichée à la fin du 18e siècle par de braves gens venus du Québec pour bâtir villages et paroisses au nord de l’Ontario.
    Quand je prends ‘la momtée de la 4′ pour longer notre vieille ferme, je vois des arbres de plusieurs mètres de hauteur et d’une telle densité…. Comme si cette terre n’avit jamais été défrichée. Et pourtant plusieurs générations y ont oeuvré! À quoi je veux en venir? Une semence dort toujours et attend… La Foi, c’est peut-être comme ça. Ce que Jésus a semé attend dans la patience éternelle et germera et fleurira… Veni Spiritu

  5. Josiane Legrand, Fille de la Sagesse, dans son Blog «Mon Aujourd’hui» évoque une tranche d’histoire du quartier où elle habite et qui parle de résilience, il va sans dire !

    «La Communauté des Filles de la Sagesse est arrivée en 2002 sur ce quartier des Tarterêts à Corbeil-Essonnes. En 2005, la Loi Borloo Populaire*, nous a désinstallées, comme nos voisins. La Tour Rouge, appelé ainsi, en raison de sa robe de briques rouges, était la plus ancienne sur le quartier. Début 2013, la tour Rouge est tombée et avec sa disparition, le temps de la relecture est venu. Une page de l’histoire du quartier a tourné. La réhabilitation par la démolition a occasionné un renouveau au cœur des blessures.

    En effet, si de nombreux immeubles ont bénéficié d’une réhabilitation, 12 immeubles sont tombés morceau par morceau, sous la mâchoire de la grignoteuse. Ce qui représente environ 450 appartements. Devant les deux tours plantées au centre du quartier, je me souviens de la foule qui s’était rassemblée. J’étais du nombre. La grignoteuse avec son bruit assourdissant a commencé son œuvre de démolition. Des pans de murs tombaient, une grande partie du vécu des habitants, se morcelait. Certains désignaient leur appartement, dont l’intérieur était dévoilé …/…/ Sur les murs, un poster laissé ; un intérieur joliment aménagé témoignaient d’une vie heureuse. Dans l’air, une pesante tristesse s’est mise à planer. Lorsque le tour de notre immeuble est arrivé, comme pour eux, à me faire mal, mon cœur s’est serré dans ma poitrine. La maison, notre maison n’est-elle pas investie de notre affectivité ? Elle est notre refuge, … la voir réduite en poussière est déstabilisant…

    De nouveaux logements sont «enfin» sortis de terre. Une maison des associations a vu le jour, le local sportif incendié a été reconstruit plus moderne et fonctionnel, un centre médical est en projet, l’école continue de faire peau neuve … Une réhabilitation par la démolition. Bien sûr, si le papier peint des murs de la Cité a changé, les habitants vivent toujours des fins de mois difficiles et tremblent pour l’avenir de leurs enfants. Mais cependant, l’espérance fait battre le cœur de notre quartier, de nouveaux arrivants apportent la couleur de leur richesse culturelle, une nouvelle vie est en devenir. Nous réapprenons à vivre et à recréer des liens.»

    UN EFFET DE CETTE RÉSILIENCE, COMME CAPACITÉ DE REBONDIR DU CÔTÉ DE LA VIE !

  6. EN REGARDANT LA PHOTO QUI ACCOMPAGNE LA THÉMATIQUE ACTUELLE …

    Un camp de personnes déplacées … Que de deuils, de ruptures de toutes sortes, de blessures ouvertes … de traumatismes étouffants, d’incertitudes et d’insécurités ! Que de personnes réduites à la condition d’êtres pourchassés, méprisés, rejetés, affamés ..

    Une personne infirme semble vouloir sortir de cet espace de mort … semble vouloir échapper à cet enfer. Elle semble trouver la force pour mettre de la distance entre ce trou noir et la vie.
    Jusqu’où ira-t-elle dans sa poursuite d’une nouvelle dignité ?
    Ainsi s’exprime Boris Cyrulnik : «Il me semble que, lorsqu’on a été blessé dans sa vie, on est contraint de mettre en place, de tricoter un processus de résilience jusqu’à sa mort. La blessure est enfouie, maîtrisée, transformée, mais elle ne guérit jamais complètement».

    À l’époque actuelle où on joue facilement à la super-star, où on présume que l’on peut toujours s’en sortir quels que soient les dégâts occasionnés , la réflexion de Boris Cyrulnik peut être éclairante et équilibrante. Nul être humain n’est fait de fer, nul être humain ne peut ignorer totalement ses émotions et son coeur dans son processus de résilience ! Le phénomène de la résilience est admirable mais les limites comme les richesses proprement humaines demeurent. Pas de blessures profondes sans cicatrices qui relient à un passé douloureux.

  7. Lors de mon séjour en Iran, durant la guerre avec l’Irak (1980 à 1988) j’ai été témoin d’un merveilleux geste de résilience. Au retour de mon travail comme infirmière au Foyer des vieillards arméniens,je vis un voisin de la petite rue où ma consoeur et moi habitions, qui plantait tranquillement un jeune arbre!

    Pourtant, la radio iranienne nous avait informés que Bagdad viendrait bombarder Téhéran cette nuit-là. J’ai été touchée et réconfortée par ce geste qui démontrait que l’espoir, même dans les situations les plus sombres,est solidement ancré dans le coeur humain.

    1. Le commentaire précédent parle de la résilience comme une résistance à l’ABANDON …

      Je veux supposer que cette résistance concerne tout ce qui est essentiel à mon bonheur. Parfois il est souhaitable de laisser tomber ou encore d’ajuster son tir, n’est-ce pas ?
      Si j’ai adopté une manière d’être et de faire qui bloque les relations, qui bloque toutes les avenues d’un vrai bonheur,
      mieux vaut «abandonner» les armes que j’ai développées en croyant travailler en ma faveur !
      La résistance positive, je la vois par ailleurs, admirable, face à tout ce qui nuit à ma dignité, à ma liberté, à mon bonheur vu comme un accomplissement. Non seulement c’est admirable mais indispensable. Et cela demande souvent beaucoup de courage, de discernement, de vérité avec moi-même et avec les autres. La résistance positive permet alors à la résilience de s’enclencher … et de conduire jusqu’à la guérison et la transformation de la personne.
      La résistance est toujours positive lorsqu’elle tient compte du respect et de l’amour de l’autre …
      Rien n’est simple dans ce processus et la souffrance peut souvent servir d’«huile essentielle» dans les relations, même si cela n’est pas évident dans l’immédiat.

      La résilience, c’est ne jamais abandonner lorsque DIGNITÉ, LIBERTÉ, RESPECT DE LA PERSONNE, RESPECT DE TOUT LE VIVANT EST EN CAUSE !

  8. Lorsqu’on parle de résilience, l’image qui me vient en tête est cette grenouille prise dans le bec d’un oiseau et malgrè sa position plus que fâcheuse, elle essaie de s’en sortir en étranglant le cou de son prédateur… d’où l’insciption écrite en bas de l’image : « NE JAMAIS ABANDONNER ».

    La résilience est cette volonté de vivre malgré les difficultés, les peines et les épreuves.

    Personnellement, je me plais à comparer les gens résilients non pas à une grenouille mais à un arbre qui même s’il est passé par un rude hiver, réussit quand même à s’épanouir à mesure que les conditions deviennent plus favorables. Et aussi tel un arbre, la personne résiliente a les pieds solidement ancrés dans la terre et est capable de résister aux intempéries et à ne pas se briser. C’est comme si la vie coule dans ses veines telle la sève dans les arbres.

    Je crois que la personne résiliente est douée pour le bonheur car elle a la capacité de transformer le citron acide en une limonade sucrée. Ce faisant elle accomplit sa destinée en refusant de s’abandonner au désespoir qui bloque la circulation de la vie.

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