ECHEC À LA VIOLENCE !

FAIRE ÉCHEC À LA VIOLENCE
Lucille Deschênes fdls

Participer au dernier Congrès de l’EMI* a été pour moi un privilège unique …
Ce Congrès m’a labouré le coeur en vue d’une semence bien spéciale : celle d’une culture de paix, de douceur, de justice, de compassion. Une culture d’amour et de vérité !
Les intervenants du Congrès, à l’instar du protagoniste de la chanson de Boris Vian, nous ont invité-e-s tous et toutes à FAIRE ÉCHEC À LA GUERRE ! Messieurs les Présidents et Premiers Ministres,, mettez-vous dans la tête que nous «n’aimons pas tuer un semblable et que par conséquent nous avons décidé de déserter la guerre» ! Déserter ne signifiant pas nous sauver mais tourner le dos à un monstre déshumanisant, aberrant et inconcevable. Tourner le dos en inventant mille et une manières de créer des ponts, d’entendre et de répondre aux cris de nos frères et sœurs qui se meurent d’injustice.
Pour cela, il nous faut faire appel, nous a-t-on dit, à notre coeur et à notre intelligence. Il nous faut regarder, écouter et analyser pour comprendre. Gare aux alarmes qu’on nous lance et qui immobilisent au lieu de mobiliser pour la paix. Une alarme qui ressemblerait à celle-ci : «Si nous voulons un pays prospère, il nous faut nous militariser !» ou encore : «Gare aux terroristes, il nous faut augmenter la sécurité, armes légères et armes lourdes !»

«La paix chrétienne, nous dit le Pape François, est une paix inquiète qui pousse à aller de l’avant!» «En ce temps de tromperie universelle, rechercher la vérité est un acte révolutionnaire», de commenter un intervenant du Congrès. «Aller de l’avant», démasquer les fausses sagesses, être des agent-e-s de paix, de non-violence. La violence ne peut jamais être un solution. La non-violence doit être pratiquée de façon continue pour permettre le dialogue et l’écoute constructive.
Chaque petit geste de paix contribue à soulever une énergie de transformation. Il nous faut croire en l’énergie divine qui traverse la pâte humaine pour libérer en elle le souffle et la joie. Le chef de l’orchestre symphonique de Montréal, M. Kent Nagano, peut-être même à son insu, est un bâtisseur de paix, en invitant les Montréalais à entrer dans la beauté de la musique qu’il a fait sortir de la Maison de l’Harmonique. Douceur, joie et compassion peuvent prendre racine et faire échec à la violence !

4 réponses à “ECHEC À LA VIOLENCE !

  1. La violence n’existe pas seulement au niveau international, elle est aussi présente,sous diverses formes dans notre quotidien. Comment y réagissons-nous?

    Ces jours-ci je suis à lire « Sainte colère », un livre magnifique de Litta Basset, pasteure protrestante, que j’ai eu le privilège de connaître en Iran. Je l’ai rencontrée de nouveau à Montréal à l’automne 2005 car, suite à la mort subite de l’un de mes frères j’ai suivi une session sur le Deuil qu’elle animait.

    Je vous partage donc le premier paragraphe de l’Introduction de son livre car il en vaut la peine: « Résister » Le mot fut gravé dans la pierre par Marie Durand, cette protestante ardéchoise qui, par fidélité à sa foi réformée, resta enfermée trente-huit ans, avec d’autres prisonnières, dans la Tour de Constance d’Aigues-Mortes. Comme tant d’autres sous d’autres cieux, elle n’opposa pas à l’agression une contre-violence symétrique mais ouvrit une troisième voie: une résistance granitique, une volonté inégranlable de rester fidèle à elle-même, quelles que soient les conséquences, car cela lui importait plus que la vie. On le voit le regard est orienté autrement. Au lieu de chercher les moyens de contrer autrui, de le maîtriser, voire de l’éliminer, on se concentre entièrement sur qui l’on est: qu’est-ce qui, en moi, doit être sauvé à tout prix pour que ma vie soit envisageable? À quoi ne serai-je jamais, et sous aucun prétexte, prêt-e à renoncer? Comment faire mieux connaissance, en moi, avec ce « moi je suis » qui ne se laissera jamais réduire au silence?

    Chers Internautes,ce texte peut, je crois, donner lieu à une fructueuse réflexion.

  2. Pour faire échec à la violence il faut commencer par s’aimer soi-même.

    Beaucoup d’etnre nous sommes munis de bonnes intentions, beaucoup d’entre nous veulent vivre en paix, beaucoup d’entre nous souhaiteraient faire échec à la violence. Cependant, avant de dompter le monstre extérieur, il faut dompter la créature qui se trouve à l’intérieure de nous même.
    C’est par la voie de la douceur et de la patience qu’une créature pourrait se faire dompter. Pour cela il faut l’aimer et la respecter afin qu’elle puisse s’épannouir et s’élever. Si on l’aime trop et mal, elle se gâte et devient un tyran, si on ne l’aime pas assez et on la néglige, elle ne pourra jamais atteindre son plein potentiel. Or c’est uniquement lorsque nous atteignons notre plein potentiel que la maturité arrive et c’est seulement à la maturité que nos actions deviennent fertiles et propices à la bonne semence.

  3. Est-ce que cela se peut que pour la culture occidentale, la douceur, la patience, le dialogue, l’accueil des différences — que tout cela ne soit pas «à la mode» ? Que nous n’ayons pas le temps d’adopter toutes ces attitudes qui requièrent justement du temps, des aller-et-venues qui donnent du temps aux deux parties en vue d’un règlement pacifique…
    Et pourtant rien ne se règle par la violence. Au contraire les situations sont empirées, les plaies s’enveniment, les murs s’épaississent et s’élèvent, les assassinats se multiplient. Et chaque groupe s’installe dans une solitude et une surdité désespérantes … Bien plus, on se met à avoir peur les un-e-s des autres et voilà que de nouveaux arguments pour faire la guerre surgissent ! Les arguments pour la faire avec un semblant de bonne conscience deviennent évidents. On réussit à s’en convaincre.
    Une preuve : la naïveté avec laquelle on vend et on achète les coquelicots tous les ans. Dans la mémoire collective, qu’est-ce que ce coquelicot évoque, sinon les horreurs de la guerre et la honte que nous devrions éprouver d’avoir sacrifié des milliers de vies, souvent très jeunes ?
    «Amour et vérité se rencontrent
    Justice et paix s’embrassent»
    Puissions-nous, peuple d’ici et d’ailleurs faire une saine prise de conscience des motivations profondes qui nous animent ! Ce qui est rouge n’est ni blanc, ni noir ! La guerre va contre le bon sens, contre le bien commun, et COMBIEN !, contre l’esprit de l’Évangile de Jésus-Christ !

  4. La violence ne se manifeste pas seulement en temps de guerre déclarée … Il y a la «guerre froide» …

    De 1956 à 1971, toujours d’après Wikipedia, la guerre froide a fait trembler notre Planète …

     C’est en 1945 sous la plume de l’écrivain George Orwell que l’expression « guerre froide », déjà utilisée au XIVe siècle, apparaît1. Elle est vite popularisée par le journaliste Walter Lippmann[réf. souhaitée]. D’après Raymond Aron, il s’agissait d’une « guerre limitée » ou « paix belliqueuse » dans un monde bipolaire où les belligérants évitaient l’affrontement direct2, d’où l’expression « Paix impossible, guerre improbable ». Rf: http://fr.wiki.org/wiki/Guerre

    Cette «paix belliqueuse», j’ai peur, habite le coeur de tout être humain qui n’est pas tourné vers l’Amour de l’autre, dans l’esprit de l’Évangile. Quand le sommes-nous entièrement ?

    J’imagine que Jésus savait combien la paix, fruit de l’Esprit, est fragile dans l’être humain. C’est pourquoi cette PAIX est le vœu le plus cher au coeur du Ressuscité. Pas une fois il rencontre les disciples après sa résurrection sans leur dire : «La paix soit avec vous !» Qu’elle SOIT !

    La PAIX est essentiellement un DON. Et ce don, l’être humain l’obtient par une prière confiante, mais aussi par une activité de justice. Comme chrétiens et chrétiennes, nous sommes appelé-e-s à collaborer à l’établissement de la paix autour de nous. Mais comme le mal, cette rupture d’avec l’Amour, nous menace constamment, la paix demeure fragile et souvent, ambigüe …

    Nous aurons toujours besoin de prophètes de la paix : organismes, personnes … qui nous encouragent, non seulement à lutter contre la guerre, le militarisme mais à travailler pour qu’une paix véritable prenne racine parmi nous, en commençant par notre quotidien. Comment ? En cultivant dans nos relations, un coeur juste, compatissant, bon. En tâchant de développer aussi une saine conscientisation face aux événements, face aux valeurs qui soutiennent nos choix ainsi que les choix de nos décideurs … Tout cela est subtil parfois … combien facilement nous pouvons tomber dans tentation de nous donner «bonne conscience » !

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