L’importance du pardon

Le «Blog de la Sagesse» est de retour ! Pour des circonstances incontrôlables, il a été en relâche pour un certain temps. La saison liturgique actuelle pour les chrétiens et chrétiennes fait appel à des gestes de conversion, dont le pardon demandé ou/et accordé. La réflexion qui commence peut nous aider à entrer plus profondément dans une démarche de libération.
Avec Denise Lavoie, smnda, prenons le temps de cette réflexion …

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«L’acte de pardonner requiert du temps, de la patience avec soi-même, de la retenue dans son désir d’efficacité et de la persévérance: Changement personnel profond et recherche de liberté intérieure. Pardonner, c’est reconnaitre que la personne est plus que son acte, elle a pu me blesser mais elle plus grande, – dans le sens noble du mot- que ce qu’elle m’a fait, les mots qu’elle a pu dire, les gestes qu’elle a pu poser. Que cette situation n’est pas continuelle puisque l’on sait que chez cette personne il existe bien d’autres paroles, bien d’autres gestes, d’autres attitudes et d’autres sentiments qui traduisent sa bonté. Bref que le mal n’est pas la personne. D’ailleurs le plus souvent, elle n’aura pas été pleinement engagée dans ces comportements.» (Extrait d’un texte intitulé : «Le pardon, un pas vers la liberté intérieure»,
Denise Lavoie, smnda.

14 réponses à “L’importance du pardon

  1. Au début de cette réflexion sur le pardon pourquoi ne pas relire le Testament du Frère Christian Chergé, réflexion chargé d’actualité … Le Frère Christian fit partie des sept moines de Tibhirine vivant en Algérie pris en otage et assassinés en 1996.
    « S’il m’arrivait un jour – et ça pourrait être aujourd’hui – d’être victime du terrorisme qui semble vouloir englober maintenant tous les étrangers vivant en Algérie, j’aimerais que ma communauté, mon Église, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNEE à Dieu et à ce pays.
    Qu’ils acceptent que le Maître unique de toute vie ne saurait être étranger à ce départ brutal. Qu’ils prient pour moi : comment serais-je trouvé digne d’une telle offrande ? Qu’ils sachent associer cette mort à tant d’autres aussi violentes laissées dans l’indifférence de l’anonymat. Ma vie n’a pas plus de prix qu’une autre. Elle n’en a pas moins non plus. En tout cas, elle n’a pas l’innocence de l’enfance. J’ai suffisamment vécu pour me savoir complice du mal qui semble, hélas, prévaloir dans le monde, et même de celui- là qui me frapperait aveuglément.
    J’aimerais, le moment venu, avoir ce laps de lucidité qui me permettrait de solliciter le pardon de Dieu et celui de mes frères en humanité, en même temps que de pardonner de tout cour à qui m’aurait atteint.
    Je ne saurais souhaiter une telle mort, il me paraît important de le professer. Je ne vois pas, en effet, comment je pourrais me réjouir que ce peuple que j’aime soit indistinctement accusé de mon meurtre.
    C’est trop cher payé ce qu’on appellera, peut- être, la « grâce du martyre » que de la devoir à un Algérien, quel qu’il soit, surtout s’il dit agir en fidélité à ce qu’il croit être l’islam. Je sais le mépris dont on a pu entourer les Algériens pris globalement. Je sais aussi les caricatures de l’islam qu’encourage un certain islamisme. Il est trop facile de se donner bonne conscience en identifiant cette voie religieuse avec les intégrismes de ses extrémistes.
    L’Algérie et l’islam, pour moi, c’est autre chose, c’est un corps et une âme. Je l’ai assez proclamé, je crois, au vu et au su de ce que j’en ai reçu, y retrouvant si souvent ce droit-fil conducteur de l’Évangile appris aux genoux de ma mère, ma toute première Église, précisément en Algérie, et, déjà, dans le respect des croyants musulmans. Ma mort, évidemment, paraîtra donner raison à ceux qui m’ont rapidement traité de naïf, ou d’idéaliste : « Qu’il dise maintenant ce qu’il en pense ! » Mais ceux-là doivent savoir que sera enfin libérée ma plus lancinante curiosité. Voici que je pourrai, s’il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec lui ses enfants de l’islam tels qu’il les voit, tout illuminés de la gloire du Christ, fruits de sa Passion, investis par le don de l’Esprit dont la joie secrète sera toujours d’établir la communion et de rétablir la ressemblance, en jouant avec les différences.
    Cette vie perdue, totalement mienne, et totalement leur, je rends grâce à Dieu qui semble l’avoir voulue tout entière pour cette JOIE-là, envers et malgré tout. Dans ce MERCI où tout est dit, désormais, de ma vie, je vous inclus bien sûr, amis d’hier et d’aujourd’hui, et vous, ô amis d’ici, aux côtés de ma mère et de mon père, de mes sœurs et de mes frères et des leurs, centuple accordé comme il était promis !
    Et toi aussi, l’ami de la dernière minute, qui n’aura pas su ce que tu faisais. Oui, pour toi aussi je le veux, ce MERCI, et cet « A-DIEU » envisagé de toi. Et qu’il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s’il plaît à Dieu, notre Père à tous deux. AMEN ! Incha Allah ! »
    Christian de Chergé – Alger 1er décembre 1993 – Tibhirine 1er janvier 1994

  2. «Pardonner» : c’est donner par-dessus le marché ! «Donner» avec mon cœur et tout ce que je suis.
    J’ai pu avoir terriblement mal mais après avoir regardé comment la situation m’a touchée, en quoi elle m’a touchée, pourquoi elle m’a dérangée, blessée etc. après, après, … il y a l’AMOUR qui doit être gagnant. Je ne peux pas pardonner uniquement par raison, par conviction. Si mon cœur ne s’engage pas dans le pardon que je désire donner, je ne pardonne pas.
    Un spirituel a dit un jour que seul Dieu pouvait vraiment pardonner parce que seul Il comprenait parfaitement la personne qui avait offensé … Je crois que nous sommes tous d’accord avec cela …
    Conclusion pour moi : je ne peux pardonner sans emprunter le COEUR de Dieu ,,, je ne comprendrai jamais parfaitement celle/celui qui m’a fait mal mais Dieu peut m’aider à puiser en LUI l’amour nécessaire pour dépasser la situation dans sa douceur et sa compassion. C’est là que je donnerai par-dessus le marché !

  3. «le mal n’est pas la personne», nous rappelle Denise Lavoie … C’est sans doute pour cela et parce qu’Il se souvient de «toujours à toujours», que notre Dieu est si compatissant et miséricordieux ! «Le mal n’est pas la personne..» Comment pardonner si on ne se souvient pas de cette grande vérité. La personne est un mystère à apprivoiser : forces et faiblesses, laideurs et beautés. Modestement, il nous faut chacun/e nous s’en souvenir. Nul de nous n’est parfait … Mais pcque le mystère nous fascine, on ne cesse, à moins d’être malade, de vouloir construire des ponts. Sur le chemin de l’apprivoisement, il y a les «gaucheries», les «bavures», les manigances, les détours, les petites et grosses vengeances … toutes ces fuites hors du champ de la Lumière … Tout cela qui blesse et risque de briser les liens toujours fragiles.
    Puissions-nous être convaincu-e-s de la nécessité de centrer nos cœurs sur l’Amour de notre Dieu et de nos semblables !

  4. L’importance du pardon … Pardonner, c’est important … Recevoir le pardon est important …

    Pour pardonner, il faut un cœur doux et humble, un cœur compatissant. Un cœur ouvert aux autres.
    Y a-t-il un état d’âme et d’esprit moins évident que celui-là lorsque nous nous trouvons offensés
    par quelqu’un-e ? Hum !
    Je crois que c’est pour cela qu’il nous faut nous tourner vers la douceur et la compassion de
    Celui qui nous connaît mieux que nous-mêmes et ne se fatigue jamais de nous accueillir et
    de nous aimer. Les contemporains de Jésus ont dû le trouver bien étrange lorsqu’Il est descendu
    avec joie chez Zachée, le collectionneur d’impôts. Zachée avait fait un bout de chemin, Jésus accourra
    vers lui , en toute urgence d’amour !
    Lorsque nous devons pardonner … mieux vaut emprunter ce qu’il faut en cet Amour qui jamais ne calcule à coup de mérites, de pouvoir et d’avoir !

  5. J’ai relu le témoignage bouleversant du Frère Christian Chergé …
    Si vous êtes de mon avis, il a été «martyr» avant de mourir tellement la grandeur d’âme, la gratuité, ainsi qu’un regard rivé sur l’Amour de notre Dieu, sont manifestes …
    Comment lire ces lignes sans frissonner intérieurement, sans se demander, tout étonné, comment un être humain peut atteindre une telle liberté, qui ne peut qu’être celle de l’Esprit ? Bien sûr, elle lui a été donnée cette liberté par Celui à qui il avait consacré sa vie. Mais elle lui a été donnée pcque son cœur était ouvert et suppliant, aimant et tendu en avant !
    Conclusion (pour le moment!!), pour arriver à pardonner, je veux demander et recevoir cette merveilleuse liberté, celle de Jésus qui a pu dire en toute vérité : «Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font!»

  6. Ayant grandi dans un milieu chrétien, j’ai appris qu’il faut pardoner, ne pas se mettre en colère et tendre la joue gauche à celui qui nous frappe sur la joue droite.
    Tout au long de ma jeunesse, j’ai appliqué ces préceptes aveuglément sans me poser de questions. Je croyais que le pardon m’était facile, il suffisait tout simplement de ne pas accorder d’importance ni à la personne qui dérangeait, ni à ses actes dérangeants. Certes, une telle ligne de conduite m’a permis d’éviter les confrontations et de vivre en paix avec les autres. Cependant la vie m’a appris que le processus de pardon est une démarche active et non pas passive. Décider de ne pas s’attarder sur le geste offensant, c’est ne pas accorder d’importance à la personne humaine qui a commis ce geste, c’est plutôt la renier et donc c’est de l’agressivité passive dirigée contre cette personne, ce qui est complètement différent du vrai pardon. Je crois qu’il est imporant de s’attarder sur tout geste offensant en essayant de comprendre en un premier lieu, la raison pour laquelle il a été commis. Ce processus me permet d’humaniser le visage de la personne derrière ce geste, et de lui pardonner éventuellement. Peut-être si j’étais à sa place, dans le même état psychique, dans le même environnement, j’aurais pu agir de la même manière … Il est important aussi de faire comprendre à la personne que ses gestes m’ont blessée afin de lui donner une chance de s’améliorer et d’éviter que ce geste malheureux ne se reproduise.

    En conclusion, pardonner c’est important, car la rancune bloque l’énergie vitale et empoisonne l’existence. Cependant il ne faut pas brûler les étapes et choisir la voie de la facilité sous prétexte qu’on a pardonné. Le pardon est un processus actif qui doit guérir non seulement la personne qui a été offensée mais aussi la personne qui a commis l’offense.

  7. En ce jour où nous rappelons la mort infâme qu’a subie librement et par amour, Jésus de Nazareth, notre Seigneur, comment mettre en doute l’importance du pardon ? Avec un amour de l’humanité, qui nous dépasse immensément, Jésus a su pardonner : «Pardonne-leur mon Père, dira-t-il, ils ne savent pas ce qu’ils font.»
    Si notre Dieu pardonne avec tant de douceur et de compassion, avec un amour bouleversant, comment mettre en doute la nécessité de pardonner nous-mêmes à qui nous a offensé-e-s ?
    À l’occasion de l’annonce du «Jubilé de la miséricorde»*, le Pape François affirme : «Un peu de miséricorde fait en sorte que le monde soit moins froid et plus juste. Nous avons besoin de comprendre bien cette miséricorde de Dieu, ce Père miséricordieux qui est tellement patient.»
    Que de fois, je me suis posé la question : «Comment Dieu peut-il oublier si facilement mes bêtises et continuer à m’aimer ?» Je crois bien qu’il n’y a qu’une réponse : Dieu m’aime à la folie et souhaite que je me tourne vers le vie en plénitude, cette VIE qui s’appelle CHRIST RESSUSCITÉ, AMOUR BRÛLANT ET TRANSFORMANT !
    JOYEUSES PÂQUES !

    *Année sainte extraordinaire du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016. Ce sera un JUBILÉ DE LA MISÉRICORDE

  8. Comment pardonner aux autres, si je ne me pardonne pas à moi-même ? Comment me pardonner, si je ne reconnais pas mes faux pas ?

    Nous sommes des êtres incarnés, c’est-à-dire, avec des limites, des faiblesses … Nous sommes des êtres «finis» et non pas éternels, sans fin … Pas surprenant que « j’en manque des bouts», que tout n’est pas clair du premier coup ! Mon niveau de conscience dépend des efforts que je fais, avec l’aide de mes semblables, pour vivre dans la vérité et dans l’amour. Et ce niveau de conscience, petit à petit, me permet avec le secours de Dieu, de me voir et de m’accepter dans la vérité de mon être fini et ainsi d’arriver à me pardonner lorsque j’ai mal agi ou parlé, ou encore, lorsque j’ai omis d’agir ou de parler.

    Tout cela est une étape importante dans l’acte de pardonner. En me pardonnant à moi-même dans l’humilité et la vérité, je permets à toute ma personne de grandir dans la iberté intérieure. C’est une formidable bouffée d’air frais !

  9. Dans son livre : «L’Art de vivre en harmonie», Anselm Grün, nous laisse en héritage, un bijou de texte qui fait suite à la réflexion précédente de ce Blog …

    S’exercer à la miséricorde
    «L’homme miséricordieux fait du bien à soi-même» : cette affirmation se trouve dans la Bible (Prov 11,17).
    Allan Luks a parlé dans son langage plus contemporain, de la «plus-value du bien» : celui qui aide les autres s’aide aussi lui-même.
    Le contraire est également vrai : qui traite mal les autres se fait du mal à lui-même. Lorsque je m’emporte contre quelqu’un, je me blesse par la même occasion. Au fond, je cherche à recouvrir de mes cris la part de tendresse enfouie au plus profond de moi. Mais cela nuit à mon âme. En revanche, être miséricordieux envers les autres équivaut à l’être aussi pour moi-même. Cela veut dire ouvrir mon cœur au pauvre, à l’orphelin, au malheureux que je porte en moi. Je connais aussi des personnes qui, tout en étant miséricordieux envers les autres, sont dures et exigeantes envers elles-mêmes. Pour elles, la miséricorde ne vient pas vraiment du cœur, elle naît de leur volonté. Leurs marques de miséricorde ne sont pas reçues par les destinataires comme de la compassion mais plutôt comme une source de culpabilité et de mauvaise conscience. Face à ce genre de «compassion», je ne peux pas me sentir bien. Je ne peux la trouver bénéfique que si son auteur se montre miséricordieux avec lui-même. Alors, la miséricorde sera réciproque, elle sera bénéfique autant pour son auteur que pour moi. Nos deux cœurs cesseront d’être dans le jugement et l’exigence pour entrer dans l’ouverture et la miséricorde.» pp,155-156

    1. J’aimerais vous partager, moi aussi, quelques extraits d’un texte très éclairant d’Enzo Bianchi sur le pardon tiré du livre « Les mots de la vie intérieure »:
      La parabole du fils prodigue (Lc 15, 11-32) affirme que la repentance du fils ne pourra commencer qu’au moment où il se sera rendu compte de l’amour fidèle du père, qui n’a pas acessé d’aimer son cadet, même lorsque ce dernier s’était éloigné de lui. Ce que le fils comprend comme étant le pardon n’est en réalité, au yeux du père, qu’un amour qui ne s’est jamais démenti. Le pardon n’est saisissable que dans l’espace de la liberté de l’amour, dans l’espace du don.
      Le pardon affirme que la relation avec l’offenseur est plus importante que l’offense qu’il a commise à l’encontre de la relation: il conduit donc l’offensé à assumer comme passé le mal injustement subi, afin que ce dernier n’empêche pas l’avenir de la relation. Il y a une asymétrie dans le pardon chrétien, qui consiste dans le fait que l’offensé, en pardonnant, laisse unilatéralement à l’offenseur l’unique possibilité de reprendre la relation. Pour le chrétien, cela n’est possible que grâce à la foi en Christ et au don de l’Esprit Saint. Cette asymétrie, en effet, a été vécue sur la croix. (L’auteur cite ici Francis Jacques): « Le Juste, dont on célèbre à Pâques la résurrection, est celui qui, asymétriquement, restaure la réciprocité, qui répond à la haine par l’amour, qui offre le pardon à qui ne le demande pas ».
      Le pardon est une prophétie du Royaume, un signe de l’action de l’Esprit, une manifestation des énergies du Ressuscité, une révélation de l’amour du Dieu Père.

  10. BONHEUR RETROUVÉ

    La vie m’a blessée
    Alors j’ai arrêté de chanter, j’ai arrêté de danser
    Mon quotidien n’était plus ni sucré, ni coloré
    Il était loin de ressembler à un conte de fée
    Il s’était désséché comme une terre brûlée et s’est decoloré
    Dans l’amertume je me suis enfoncée et continuellement je pleurais
    Ma joie de vivre s’est envolée
    Le bonheur de chez moi s’est sauvé

    Et puis je me suis fatiguée
    Fatiguée de ne rencontrer sur mon chemin que de l’obscurité
    Fatiguée de rester enlisée dans ma médiocrité
    Alors, j’ai voulu me libérer des chaînes qui m’emprisonnaient
    Pour arrêter de pleurer et effacer les blessures que la vie m’avait infligées
    Pour m’envoler vers une plus belle destinée

    Graduellement, ma vieille peau je l’ai rejetée
    Mes racunes, je les ai mises de côté
    Mes peurs, je les ai confrontées
    Mes craintes, je les ai abandonnées
    Mes idées noires, je les ai chassées
    De douceur, je me suis enveloppée

    J’ai laissé peu à peu la lumière dans tout mon être entrer
    Puis mes yeux ont commencé à voir au-delà de l’obscurité
    Le pardon dans mon cœur s’est tranquillement installé
    Mes mains se sont ouvertes pour accueillir les humains même ceux qui m’ont bléssée
    J’ai apprécié l’amour et sa reciprocité
    J’ai retrouvé ma sérénité
    Le bonheur est redevenu à ma portée
    Vive la vie, elle est plus belle désormais.

  11. Souvent derrière un geste répréhensible posé par une personne, se cache une grande souffrance. Voir cette souffrance facilite le pardon envers la personne qui a posé ce geste. Cependant, ce précepte est très difficile à appliquer dans certaines situations surtout lorsque la douleur causée par le tort imposé est très grande. Je pense en particulier à cette mère qui a perdu son fils, en pleine fleur de la jeunesse, de façon horrible dans les mains de bourreaux, en temps de guerre. Je me demande parfois si elle a pu pardonner à ces gens. Je crois que dans ces situations, si jamais il y a pardon, ce pardon proviendrait d’une force supérieure et est donc de source divine. Le Christ, même en proie de grandes souffrances, a eu la pensée de pardonner à ses tortionnaires. C’est un être du lumière que l’ombre n’a jamais réussi à engloutir. Ainsi, lorsque nous sommes en plein désarroi, le cœur rempli de rancune, c’est vers cette source christique et divine qu’il faut se tourner pour puiser la force nécessaire afin de pardonner et revivre à nouveau dans la sérénité.

  12. Permettez-vous de vous dire combien j’avais été soulagée le jour où j’ai lu : «Pardonner n’est pas OUBLIER.»
    Pardonner n’est pas une question de mémoire. Au contraire, nous savons bien qu’après avoir pardonné, l’amertume nous monte souvent dans la gorge et les détails d’une offense … ou ce que nous jugeons une offense … demeurent bien clairs dans notre pensée. C’est sans doute autant d’occasions qu’au-delà des remous qui nous envahissent, nous sollicitions l’amour indispensable pour faire un nouveau pas vers la personne qui nous a blessé-e. Ce qui demeure important c’est que les événements passés ne bloquent pas nos relations. Que nous demeurions ouvert-e-s le plus possible avec tous les frères et soeurs. Il ne s’agit pas ici d’amour sensible, bien sûr, mais de cet amour qui nous fait vouloir le bien de la ou des personne-s concernée-s. En tout temps, pourquoi ne pas demander à l’Esprit de Sagesse de nous garder ouvert-e-s et bienveillant-e-s !

  13. Je me rends de plus en plus compte que l’humain n’est pas très loin de l’animal. Comme lui, il est doté d’intelligence pour survivre, comme lui il est prêt à se battre pour de la nourriture, comme lui il veut avoir son propre territoire et sa place dans une hiérarchie déterminée. En fait, seules quelques caractéristiques permettent à l’humain de se distinguer de l’animal, la capacité de pardonner en est justement une de ces caractéristiques. Qu’est ce que donc, pardonner?
    Pour moi pardonner c’est refuser volontairement et consciemment de rendre le mal par le mal, non pas par peur ou par faiblesse ou encore pour éviter les confrontations pénibles mais au nom de l’Amour du prochain.
    Face la dureté de ce monde, nous sommes tous appelés à nous envelopper de douceur pour faire reculer la tristesse sur cette terre car je crois profondément que derrière tout acte hostile se cache une grande souffrance et de multiples blessures. Non seulement nous sommes appelés à déceler cette souffrance et à voir ces blessures pour mieux comprendre le pourquoi du geste en question mais également nous sommes appelés à mettre un baume sur le cœur de la personne ou des personnes souffrantes aussi blessantes qu’elles ont pu l’être. C’est dur d’y arriver seul, surtout lorsque le geste en question pèse trop lourd dans la balance et qu’il faut mettre beaucoup de bonne volonté, de bonnes énergies et de bonnes pensées pour alléger le poids de cette hostilité. C’est là que la collectivité a son rôle à jouer en concevant des projets de société qui contribuent à bâtir un monde meilleur, un monde où il fait bon de vivre.

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