ÉLARGIS L’ESPACE DE TA TENTE

Lucille Deschênes  fdls 

Le texte d’Isaïe(54,2), par son image évocatrice, provoque  réflexion et questionnement.  Cette expression  biblique  est une excellente  référence dans  un groupe de travail qui veut parvenir à des conclusions pratiques et énergisantes.

C’est pourquoi  les Filles de la Sagesse l’ont choisi pour leur grand rassemblement international de 2012 qu’elles nomment «Chapitre général». 

«ÉLARGIS L’ESPACE DE TA TENTE»…

La sagesse de cette invitation  s’adresse à tout être humain ou regroupement qui  se veut vivant.  
Comme Blogue, nous tenterons d’entrer dans cette réflexion vitale.

Cependant, à  une époque, et particulièrement  dans  les pays mieux nantis, semble-t-il, la sécurité est devenue un impératif majeur.  Que veut dire alors : «élargir sa tente» ?

Pour l’être humain éduqué dans la peur de l’autre, dans le «sauve-qui-peut», dans le «chacun- pour- soi»  …  que veut dire «élargir sa tente» ?

L’invitation pressante et plutôt enthousiaste du prophète prend pourtant la couleur d’une promesse.

Que  diriez-vous que nous l’explorions ensemble ?


27 réponses à “ÉLARGIS L’ESPACE DE TA TENTE

  1. Début de réflexion

    Une tente pour quoi?
    Une tente pour s’abriter contre les intempéries
    Une tente pour loger les réfugiés qui fuient la guerre dans leur pays
    Une tente dans laquelle logent des soldats prêts à donner leur vie
    Une tente pour accueillir les victimes des incendies
    Une tente pour faire la fête avec les amis
    Une tente pour servir de milieu de vie

  2. Excellente question Maria ! L’Écriture parle de notre Dieu (le Dieu des chrétiens) comme d’un abri contre l’adversité … En quelque part, notre unique tente devrait être cette OMBRE BIENFAISANTE d’un amour qui est éternel et qui s’étend sur nous tous et toutes … Et comme le Dieu de Jésus Christ ne met pas de frontières à son accueil, qu’en Lui il y a place pour TOUT LE CRÉÉ qu’il aime d’amour …à cette lumière, comprenons son invitation à élargir toute tente que nous serions porté à nous construire. Cela devient, à mon avis, un excellent critère pour évaluer le bien-fondé de notre tente !

  3. Excellente initiative pour partager à partir de ce vaste sujet. Le Christ est venu nous dire l’amour du Père pour tous les humains….. Que L’Esprit Saint nous ouvre toujours plus à l’accueil de tous.

  4. La tente nous dit Lucille est un abri contre l’adversité et dans ce sens constitue une ombre bienfaisante, comme elle a raison.
    Personnellement, la tente me fait penser aussi à un mode de vie nomade c’est-à-dire sans aucune attache à une frontière particulière d’où son caractère universel. Ainsi le terme « élargie l’espace de ta tente » porte une notion d’accueil sans limites, ni frontières, accueil pour toute personne peu importe l’origine d’où elle provient.

  5. «La vie d’un sans-abri aurait-elle moins de valeur que celle d’un citoyen rangé? Cette question me hante depuis l’intervention policière qui a fait deux morts au centre-ville de Montréal.» Quelle question et réfelxion pertinentes et touchantes de la part de la journaliste Rima Elkhouri !
    En lien avec la thématique de ce Blogue, la «tente» de l’itinérant, Mario Hamel, était fragile … Pour autant cela ne rendait pas sa vie moins précieuse. Dans la circonstance, comme témoins de cette tragédie ayant entraîné deux décès, nous pouvons être pris en flagrant délit de minimiser la mort de l’itinérant ,,, Or, la journaliste relève les efforts sérieux que faisait Mario pour s’en sortir depuis quelque temps…
    «Élargis l’espace de ta tente», en l’occurence, veut dire pour moi : Attention à nos jugements de valeur ! L’être humain, en soi, parce qu’il est un être humain, mérite respect et protection … Ce n’est pas le décorum social qui fait la valeur profonde d’une personne.
    Tout en partageant cela, je ne minimise aucunement l’absurde et la tragédie qui entourent la mort de l’autre personne décédée, par accident, dans cette altercation.

  6. ÉLARGIS L’ESPACE DE TA TENTE

    «Élargis l’espace de ta tente !» La dernière équipe de leadership mise en place chez les Filles de la Sagesse en Papouasie Nouvelle Guinée est constituée d’une Sœur anglaise, d’une Malgache, d’une Papoue (pour la permière fois) et d’une Congolaise. N’est-ce un exemple frappant d’une TENTE qui s’élargit ! Cette «tente» en ce qu’elle représente le «connu», la sécurité, l’espace privé a été constamment remise en question et évaluée en PNG… Il y a eu une évaluation constante et participative du vécu, où les leaders religieux venus d’ailleurs et le peuple autochtone en général, se sont conscientisés en vue d’une prise en charge solidaire pour un avenir meilleur en PNG ! Bravo à la Famille montfortaine, à nos soeurs missionnaires qui ont semé au cœur de nos frères et sœurs papou-e-s la fierté et la soif de grandir chez-eux, chez-elles !

  7. En cette grande fête de la Pentecôte, comment ne pas entendre l’appel d’Isaïe comme une invitation à quitter nos peurs et nos préjugés pour ouvrir grand en nous, l’espace à l’Esprit !
    L’aventure ne fait que commencer puisque c’est chaque jour que le Souffle de Dieu nous investit comme au premier jour. Ce qu’Il fera tant qu’il y aura des humains qui habiteront cette planète ! C’est son Souffle qui nous garde greffés sur la vie.
    Comment se fait-il alors que tout n’aille pas pour le mieux sur le globe ? Mystère de l’Amour qui ne s’impose pas mais se laisse découvrir et accueillir. Je crois que si nous regardons chacun/chacune dans notre jardin, nous verrons que c’est très progressivement que nous laissons Dieu s’exprimer par et dans notre vie. Nous avons tellement peur de nous perdre.
    «Un bateau au port est en sécurité / Mais ce n’est pas pour cela que sont construits les bateaux.» William Shed. Et de commenter Anselm Grün : «Lorsque tout risque est éliminé, rien de nouveau ne peut naître. La sécurité absolue n’existe pas. Comme le navire, l’être humain n’est pas fait pour rester au port /…/ Une sécurité absolue tue la vie.»

    Élargir l’espace de sa tente !
    Plonger dans la confiance, accepter à l’avance de perdre, de s’abandonner, de risquer … mais en n’oubliant pas cependant que dans notre embarcation, il y a un Capitaine fidèle qui veille et qui nous aime.

  8. J’ai beaucoup apprécié le commentaire éclairant de Lucille. En effet, la vie par définition est une aventure remplie d’imprévus. On a beau planifier à l’avance, rechercher la sécurité en accumulant des biens matériels, un tremblement de terre, un tsunami, une guerre ou encore une maladie peut tout emporter en un simple clin d’œil. La seule richesse qui ne peut nous être arrachée se trouve à l’intérieure de nous-même, elle est notre tente parce qu’elle nous procure une base certaine pour affronter les intempéries, alors on a intérêt à la faire fructifier, »à élargir l’espace de notre tente ».

  9. ««Razan Zaitouneh n’a-t-elle donc pas peur? Ne craint-elle pas pour sa peau? — «Mais tout le monde a peur, ici. Seulement, notre espoir est plus grand que notre peur.» Cette dernière citation est de Ruzan Zaitouneh, journaliste syrienne qui couvre clandestinement la révolution qui déchire son pays actuellement. Merci à la journaliste Agnès Gruda de mettre en évidence le courage surhumain de son homologue syrienne. C’était dans Cyberpresse, le 11 juin dernier.
    Je retiens particulièrement : «Notre espoir est plus grand que la peur.»
    Maria souligne avec raison l’urgence d’«élargir notre tente intérieure» ! Comment autrement survivre et vivre dans des situations désastreuses comme celle de la Syrie, comment ne pas perdre pied dans des catastrophes comme celle que vivent nos compatriotes riverains du Richelieu aux prises avec les méfaits des inondations ?
    La première TENTE à construire et élargir constamment est certainement notre être intérieur. Paul André Giguère, dans son magnifique écrit : «Acquitté / Une vie recommencée», dit ceci : « … je suis toujours là. Et j’habite le pays lumineux de mon être. /…/ J’ai découvert le courage en moi au fur et à mesure que j’en ai eu besoin.» (p.184) Ainsi notre espoir peut être plus grand que notre peur, n’est-ce pas ?
    Avant d’entreprendre, ou tout en entreprenant le chemin de l’aventure humaine, s’asseoir avec soi-même et son Dieu, pour creuser ses fondations … Cela ne vous rappelle-t-il pas une page d’Évangile où Jésus dit justement : «Si l’un de vous veut construire un tour, qu’il s’assied d’abord pour calculer …» Luc 14,28 … Que cette sagesse nous habite !

  10. LE TOIT OU LA TENTE
    Il est reconnu que le toit symbolise la stabilité, l’institution, voire une certaine rigidité et un avenir sans surprise. Cela fut longuement valorisé dans nos cultures occidentales. Il y va de l’opposé pour l’image de la tente qui est plutôt signe de précarité, de temporalité, voire de simplicité et d’ouverture. Il est plus facile de déplacer une tente qu’un toit !

    De plus, la simplicité caractéristique d’une vie vécue sous la tente laisse vraiment moins d’espace à l’accumulation de biens matériels trop facilement jetables.

    N’est-ce pas que le symbole de la tente est une invitation à accueillir cette nouvelle étape de l’histoire de notre Congrégation, comme Filles de la Sagesse?
    Que devrons-nous laisser aller qui encombre nos bras, nos esprits et nos cœurs pour ouvrir un espace à l’inédit de Dieu, à cette brèche qui nous est ouverte par l’Esprit? Surprise, Sara a ri sous sa tente lorsqu’elle entendit les trois étrangers annoncer à Abraham qu’elle serait la mère d’une multitude! Sara a ri et pourtant…..

  11. Le commentaire précédent m’a permis de réaliser le lien entre la tente et l’écologie. En effet, une tente est un habitat fabriqué à partir de matériaux réutilisables et trouve son emplacement souvent en pleine nature, dans un milieu fertile et grouillant de vie. Pour pouvoir élargir une tente, il faut que l’environnement externe soit invitant, en effet, qui voudrait agrandir son habitat sur un tas de détritus? Une tente saine où il fait bon de vivre n’est-elle pas dans un environnement sain? Ainsi, le terme « élargir sa tente » peut-être une invitation à l’assainissement de l’environnement, à une adoption d’habitudes axées sur le respect de la vie et à un rejet de tout ce qui bloque ou empoisonne cette énergie vitale

  12. Chers Internautes,

    Saviez-vous qu’un des plus célébres prédicateurs des débuts du christianisme, Saint Paul, était un frabricant de tentes? (Actes, 18, versets 1 à 3) Et il était fier de ce métier qui lui permettait de gagner sa vie sans dépendre, si possible, des gens à qui il prêchait. Et voici une note intéressante de la Bible de Jérusalem à ce sujet: « Bien qu’il reconnaisse le droit des missionnaires à leur subsistance, Paul a toujours tenu à travailler de ses mains pour n’être à charge à personne et prouver son désintéressement. Il n’a accepté de secours que des Philippiens. À ses fidèles, il recommande même de travailler pour subvenir à leurs besoins et à ceux des indigents ».

    Ceci dit, je me suis questionnée sur le thème, après avoir pris connaissance des intéressantes interventions qui précèdent. « Ma tente » n’est-elle pour moi qu’un abri, un refuge ou est-elle aussi un lieu d’accueil, une endroit hospitalier où l’autre peut faire halte avant de continuer sa route? Est-ce que j’élargis suffisamment son espace pour faire « un peu de place à l’étranger » comme le dit si bien le beau chant: « Ne laissons pas mourir la terre, ne laissons pas mourir le feu »? D’ailleurs, si je suis attentive, n’est-ce pas tout au long de mes journées que je suis sollicitée à garder grande ouverte l’entrée de ma tente? Et comment? Par un sourire, une parole encourageante, un geste fraternel, un service offert… Les occasions ne manquent pas!

  13. «On est seulement ce que l’on peut
    On est rarement ce que l’on croit
    Et sitôt on se pense un Dieu
    Sitôt on reçoit une croix
    Et la vie est si fragile…

    Car le temps est la
    Toujours la
    seule justice ici-bas
    On est si fragile…»
    (De «Si Fragile» de Luc De Larochellière)

    Ce texte de Luc De La Rochellière me fait regarder avec compassion l’état actuel des Congrégations religieuses. Nous sommes devenues dans l’Église et dans le monde ces TENTES exposées à tous vents, fragiles, vieillissantes, menacées de toutes parts. MAIS cela ne veut pas dire que c’est nécessairement tragique. Je crois que nous sommes simplement dans un tournant de l’histoire – sociale et religieuse – qui cherche et reconnaît mal ses repères … Comme nous le disait Jocelyne, une organisation «sans-surprise» a été longtemps confortable et sans doute plus facile à gérer !
    Pour ma part, j’ai besoin d’apprendre à aimer cette situation. Elle m’enseigne l’abandon, la simplicité, l’espérance. Oui, l’espérance, parce que ce n’est pas parce la vie est fragile – elle l’a toujours été – qu’elle ne demeure pas précieuse. Se dégage de cette situation, un grand enseignement qui contribue à ma solidité d’être : j’appartiens ici-bas à l’ordre temporel ( et par le fait même TEMPORAIRE !). Tout en sachant que j’ai une fin, par respect pour moi-même et pour mes semblables, je me dois de donner le meilleur de moi-même. Le reste ne m’ appartient pas ! J’estime être bénie de croire en Celui qui fait notre noblesse comme êtres créés et qui, avec nous tous et toutes, construit un À-VENIR où nos TENTES SERONT TRANSFORMÉES ET LUMINEUSES !

  14. Aujourd’hui la grande fête de Dieu Trinité … C’est le Dieu des chrétiens et chrétiennes.
    Et s’il y en a un qui a élargi sa tente, c’est Lui ! Pour être sûr que les humain-e-s demeureraient proches de Lui, Il a choisi de «dresser sa tente parmi nous». Cette expression éclaire d’ailleurs le véritable sens symbolique du mot «TENTE». N’est-ce pas ce qui nous permet de dire à nos semblables que nous voulons être AVEC eux/elles. Il s’agit donc d’une présence solidaire et active.
    C’est dans quoi le Dieu de Jésus Christ est entré et entre toujours, généreusement et fidèlement. Il demeure au coeur de l’humanité avec tout son amour et sa décision de créer et re-créer. Le voyons-nous … au-delà de tout ce qui peut brouiller le paysage autour de nous ?
    Lumineuse fête de la Trinité !

  15. LÈVE LES YEUX AUX ALENTOURS ET REGARDE
    Plus le temps passe, plus je suis éblouie de la richesse de ma Congrégation comme signe prophétique potentiel du Royaume. Le Royaume vu comme rassemblement de l’humanité dans l’Amour.
    J’ai un vœu à formuler par rapport à notre grand congrès (chapitre) de 2012. Que le travail de ce regroupement de déléguées de Filles de la Sagesse de tous les coins du monde, allume en nous la conviction que Christ Sagesse est à l’œuvre dans le monde d’aujourd’hui. Trop souvent nous partons avec des grands projets sans d’abord nous demander comment et où ce travail est déjà amorcé par l’Esprit de Sagesse. La manière de vivre la valeur que nous souhaitons promouvoir a changé. Exemple : le «communautaire» … Quelle différence dans la manière que cette valeur emprunte pour se manifester aujourd’hui! Je pense au défi «PIERRE Lavoie» … quelle incarnation de l’énergie divine au cœur de l’humain ! Et c’est UN exemple parmi tant d’autres…
    Imaginons si chaque continent et pays arrivait au Chapitre 2012 en témoignant de cette présence de la Sagesse dans le monde d’aujourd’hui. Quelle rampe de lancement pour construire un projet pour les six années qui viennent pour la Congrégation entière. Trop longtemps nous avons investi par rapport à l’absence d’une valeur ou pire de son contraire.
    Au lieu de témoigner de l’action de la Sagesse, nous déplorons l’éclatement du monde moderne. Nous déplorons au lieu de bénir !
    Sans doute me direz-vous que cela fait partie d’une conscientisation, d’un réalisme nécessaire à l’engagement. Je suis d’accord mais réalisons-nous de quoi nous nous privons comme élan de départ, en ne regardant pas d’abord les lieux de bénédiction, les lieux de présence ?
    Levons les yeux et regardons autour … et l’espace de notre tente s’élargira !

  16. «Le cœur humain a été construit comme un immense écrin assez vaste pour contenir Dieu même.» Nicolas Cabasilas

    C’est sans doute pour cela qu’il ne faut jamais cesser d’élargir notre tente !
    Comme j’ai une idée fixe (peut-être quelques-unes !!), cela me permet de revenir sur la nécessité où nous sommes aujourd’hui de changer de verres pour arriver à distinguer «le grand jeu de la Sagesse» dans notre monde. Car Elle «joue» toujours avec nous dans la création. Et c’est justement un jeu de création et non de destruction !
    À ma Congrégation, comme groupe qui souhaite révéler cette présence active de Christ Sagesse au cœur du monde contemporain, je souhaite d’entrer dans un mouvement de ré-acculturation. Ce qui est fort intéressant, si je compare avec le monde d’hier, nous avons maintenant des moyens de communiquer hors de l’ordinaire. Nous n’avons plus l’excuse de ne pas pouvoir rejoindre les pays éloignés du nôtre … Il y a des exceptions – je sais- mais en général notre Planète est devenue UN VILLAGE GLOBAL. Il y a, en conclusion, une acculturation au monde contemporain, que nous pouvons progressivement faire comme grand groupe appartenant à divers continents … mais il faut s’en donner, et le désir et l’organisation !
    Le tout n’est pas de faire des vœux pieux ! Ce Dieu, infiniment grand et aimant, qui est venu se nicher dans le cœur humain, ne veut pas y mourir mais y vivre. Or, vivre veut dire bouger, grandir et aller vers tous-toutes ces autres pour communier à la VIE qui rayonne de partout et l’aider à circuler ! Cela veut dire : compassion, inclusion, sollicitude, partage, solidarité …

    Élargissons l’espace de notre tente !

  17. J’ai trouvé que lorsque, dans le Prologue de sa règle, saint Benoît évoque le lieu que le moine cherche à gagner pour y habiter, il utilise le mot latin tabernaculum, dont la traduction littérale est tente. Dans son modèle le plus réduit, la tente induit l’intimité, le partage de tout, intimité à laquelle Dieu invite chaque baptisé. Pour Benoît, il s’agit d’un lieu de la stabilité définitive évoqué par la plus souple des façons d’habiter, la plus mobile, la plus transportable, la plus déplaçable. La tente se pose à même le sol, elle embrasse l’ « humus ». Tout naturellement, elle est une école d’humilité ; elle rappelle à la personne humaine ce qui est inscrit dans le nom même qui la désigne : humanité.
    Cependant, souple, mobile, déplaçable, la tente se montre encore la plus sensible au monde qui l’entoure. En élargir l’espace signifie qu’on reconnaît que sa membrane est vivante, qu’elle vibre au moindre vent qui la caresse, qu’elle tremble avec la terre, qu’elle en épouse les fragilités, les dangers, les grandeurs aussi. Dans le silence profond de la nuit, elle voisine avec la beauté des étoiles ; au bord de la mer, elle capte le langage des vagues ; au sommet des montagnes, elle fait comme toucher du doigt les vastes paysages. Elle habite l’univers entier. « Le Verbe s’est fait chair et il a planté sa tente parmi nous ».

  18. Magnifique le commentaire qui précède, celui d’Hélène !
    La Tente est mobile, déplaçable … sa membrane est vivante … elle vibre à ce qui l’entoure, épouse les fragilités, les dangers, les grandeurs aussi.
    Elle est à ras de sol, elle est PLANTÉE DANS L’HUMUS DE L’UNIVERS CRÉÉ !
    Voici quelques éléments que je retiens et redis dans mon jargon à moi !

    Ce texte me parle de ma Congrégation déjà plantée sur tous les continents … Le prochain Chapitre (congrès) international va nous permettre d’évaluer ces insertions et nous permettre ainsi de rencontrer la Sagesse telle qu’Elle se présente en ces lieux forts différenciés.
    La TENTE n’est-elle pas la Sagesse que nous habitons et qui nous habite, nous rendant plus apte à répandre son Souffle bienveillant par tout l’univers ! S’il y en a UNE qui s’est plongée au coeur de l’humanité c’est Elle ! En Christ Sagesse, Elle a crié et Elle propose toujours, à l’univers entier, son amour transformant et divinisant.
    Avec l’homme et la femme d’aujourd’hui, je la supplie d’ouvrir nos yeux et nos coeurs à sa Présence ! Elle veut habiter chez-nous pour que nous habitions chez-elle et ainsi petit à petit tisser cette immence TENTE d’où rayonneront harmonie, paix et beauté !

  19. D’une tente à l’autre
    Quelle joie d’entrer régulièrement sous la tente du site web des Filles de la Sagesse du Canada! Chaque article nous réserve la surprise d’une nouvelle tente qui s’élargit et invite à s’abriter chez elle. Avec vous, je suis allé en Papouasie Nouvelle-Guinée pour y vivre un jour à la fois sous le soleil et sous la pluie de Dieu. Quel cadeau d’entrer avec notre amie Thérèse Vincent sous le chapiteau de l’Université Saint-Paul d’Ottawa où le Congrès de l’École française de spiritualité attire notre regard et notre coeur sur les beautés de la Sagesse. Et que dire du Désir de Dieu Sagesse présenté avec une éloquence et une simplicité dignes de Montfort. Et voici que soeur Hélène Laverdure nous accorde le privilège d’entrer avec elle à l’Ermitage Sainte-Croix où le père Olivier Maire présente l’enseignement de Montfort sur cette folie de la Sagesse qui a décidé de dresser sa tente parmi nous. «Ma maison, Jésus, c’est Toi. Ta maison, Jésus, c’est moi.»

  20. Merci à André pour son tour de jardin, pardon, je veux dire son tour de tente !
    Aujourd’hui, je voudrais vous partager comment je vois ma Congrégation, en abrégé, bien sûr !
    Elle est comme une grande Tente, aux parois à la fois fortes et fragiles … Les Fondateurs ont voulu cette Tente plantée dans des espaces de grands vents où la vie s’exprime dans sa globalité : beauté et horreur, harmonie et turbulence, grandeur et fragilité … C’est la vie humaine aux prises avec ses limites et ses faiblesses mais aussi investie d’une PRÉSENCE discrète, aimante et fidèle. Celle de la Sagesse incarnée, Christ Sagesse.
    Je crois que ma Congrégation n’a jamais cessé de croire en cette Présence. Chaque étape de son histoire (elle a maintenant 308 ans d’existence) manifeste de sa foi et de son espérance en dépit des épreuves et difficultés. Cependant, elle est aussi bien humaine et combien différenciée. Les Filles de la Sagesse aujourd’hui sont de 27 nationalités, sur six continents et habitent 17 pays … Ce qui veut dire que la Tente, ce qui nous réunit, a besoin constamment de consolidation. Pour allonger nos cordages et faire de la place, il nous faut régulièrement relire l’intention des Fondateurs et discerner avec eux le regard et l’action de la Sagesse dans le monde «de ce temps» – pour reprendre une expression de Vatican II. Tâche ardue et emballante à la fois ! Ardue, parce que l’évolution dans laquelle est engagée l’humanité est plutôt effarante et souvent la cause du fossé qui se creuse entre le Nord et le Sud, entre les mieux nantis et les appauvris. La Congrégation des Filles de la Sagesse est exposée à cette tourmente comme l’Église, comme les autres Congrégations, comme tous ceux et celles qui croient en un monde meilleur. Le discernement de la Présence divine est ardu mais aussi emballant. Ce discernement nous sollicite instamment et directement à rechercher cette Présence aimante et active au cœur de la réalité d’aujourd’hui. Et une des richesses d’une Congrégation internationale c’est d’avoir des yeux et des cœurs à l’étendue du globe et une énergie commune pour se brancher ensemble sur le grand cœur de Christ Sagesse qui ne cesse de battre au cœur d’un monde qu’Il aime immensément. Et qui dépend de nous pour le révéler.

  21. Stéphane Laporte vient d’apprendre la non responsabilité du Dr Turcotte qui a assassiné ses deux jeunes enfants et sous l’effet de «l’électro choc», il écrit :

    «Toutes ces morts qui nous indiffèrent. Toutes ces morts qui ne nous empêchent pas de dormir. Toutes ces morts qui ne nous font pas mal. Pour une fois qu’il y en a deux qui nous bouleversent, laissons cette émotion nous nettoyer l’intérieur. On en a tellement besoin.

    Il y a quelque chose de pourri au royaume des humains, et j’ai bien peur que ce soit notre âme.

    La sentence de Guy Turcotte aurait été autre, la réalité serait la même, c’est juste qu’on ne l’aurait pas eue dans la face à ce point. Deux enfants sont assassinés. Personne n’est coupable.

    C’est la vie.

    Ce n’est rien.»

    Hier soir je lisais l’horreur que les femmes et les enfants vivent présentement en Somalie … J’en frissonnais et pleurais.
    Est-ce cela la VIE ??
    Est-ce cela «élargir l’espace de sa tente» ? Pour étouffer ses semblables ?
    Jamais on ne dira assez qu’il faut prendre soin de la vie, que la vie est sacrée. Jamais on le dira assez et surtout jamais on s’organisera assez pour qu’elle soit respectée. Que sommes-nous en dehors de la vie ?
    Si je veux élargir l’espace de ma tente, si ma Congrégation veut élargir l’espace de sa Tente c’est afin d’être plus fortes, toutes ensemble, pour aider au rayonnement de cette VALEUR au-dessus de toute valeur, qu’est la VIE, car elle notre lien avec la SOURCE, notre Dieu, quel que soit le nom que nous lui donnions – Tuer la vie, c’est tuer Dieu en quelque part, ne croyez-vous pas ?

  22. Diogène
    Mais oui, je suis Diogène ! Ou plutôt son ambassadeur ! Vous souvenez-nous des apostrophes les plus connues qui sont attribuées à ce philosophe, soient : « Je cherche un homme » (phrase qu’il répétait en parcourant la ville – en plein jour – avec sa lanterne), et « Ôte-toi de mon soleil » (en réponse au roi de Macédoine, qui était venu lui demander s’il avait besoin de quoi que ce soit).
    Comme Diogène, nous voulons tous en quelque part «reconstruire le monde» … En tous cas, moi j’en suis. Facilement, par exemple, je dis : «Ah, si cet homme avait eu une femme différente, une femme qui s’intéresse à la vie dans sa maison au lieu de courir mille et un services dans le quartier … cet homme aurait été et serait plus heureux.» Et là je pars en voyage sur les ailes mes désirs de reconstruire le monde ! Et c’est sans fin. Que se passe-t-il pendant ce temps ? L’homme en question devient-il plus heureux ? Le monde devient-il meilleur ? Lorsque je m’arrête vraiment, j’arrive à conclure que chaque personne est libre et j’aime me rappeler aussi que chacune a ce qu’il faut pour s’en sortir. Je mets entre parenthèse, les êtres qui vivent en totale dépendance : enfants, grands vieillards, grands infirmes …
    Qu’est-ce que tout cela – Diogène avec sa lampe en plein jour – vient faire sous la TENTE ! Cela me dit simplement que ma tente est le seul espace dont je suis pleinement responsable et que cette responsabilité bien assumée est la première façon de contribuer à rendre le monde meilleur. Vous avez sans doute envie de me dire : que fais-tu du partage, de l’attention aux autres ? Eh ! bien c’est que si je n’ai pas d’abord vu à balayer devant ma propre tente, ce sera fort difficile et même irrecevable, que je me lance au secours des autres. Ma lampe doit d’abord éclairer mon environnement personnel et ainsi me permettre de développer le discernement nécessaire pour contribuer au bonheur des autres ! Ce sera un instrument efficace pour allonger les cordages de ma TENTE. Lorsque je regarde les Congrégations sous cet angle, peut-être y a-t-il des temps pour balayer devant sa propre maison, consolider les piquets qui retiennent la Tente debout en plein vent et ainsi calculer ce qui leur coûtera pour garder vivante leur raison d’être …

  23. En regardant la photo qui accompagne ce Blogue, je me dis que l’espace qui est au cœur de la Tente doit être très large et AÉRÉ aussi….
    Réflexion personnelle : pour être apte à accueillir cordialement, je dois faire du ménage … Ce qui m’occupe intérieurement ne doit pas m’encombrer. Je dois élargir mon cœur tout en m’assurant que je n’y installe pas une surcharge de sécurités de toutes sortes. Des fausses sécurités … des peurs, des conditions illimitées, des préjugés, des méfiances. Etc. Ce qui m’a fait penser à cela, c’est le texte du «Cantique des cantiques» dans la liturgie du jour qui dit que Marie-Madeleine a trouvé Celui que son cœur aime lorsqu’elle a DÉPASSÉ les gardes ! Pour bien vivre le risque de la vraie rencontre, il me faut donc faire ce dépassement, bien distinguer à quoi je m’en remets pour avancer dans le bon sens …
    Élargir l’espace de ma Tente … signifie en un certain sens, «me perdre» dans la confiance. Je crois bien que c’est l’unique «bonne perte de soi» ! Plonger dans la confiance – ce qui n’empêche nullement le discernement : ce cœur attentif qui aide à découvrir les traces de l’Amour dans notre vie.

  24. Élargir l’espace de sa tente…
    C’est ouvrir sa porte à qui frappe….
    C’est ouvrir son oreille à qui a besoin d’être écouté….
    C’est aussi ouvrir son coeur à qui a besoin d’être aimé…
    Mais afin d’agir ainsi il s’agit d’ouvrir toute sa personne à la Sagesse qui veut y établir demeure avec moi… Que la Sagesse habite dans ma tente…. ce sera vraiment une tente à la grandeur du monde.
    En résumé n’est-ce pas à l’exemple de Marie-Louise « en faire un Cloître Aimé où la Sagesse pénétre avec le monde entier.. »

  25. Sortir de sa tente pour l’agrandir
    Dieu se suffit à lui-même. Dieu n’a pas besoin de ses créatures pour ajouter à sa perfection ou pour être heureux. Mais Dieu ne vit pas dans une bulle, replié sur lui-même comme un vieux riche. Bien au contraire, il est de toute éternité circuit d’amour entre le Père et le Fils dans l’Esprit.

    Pas étonnant, donc qu’un jour «le FILS, qui était de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’anéantit lui-même prenant condition d’esclave et devenant semblable aux hommes.» (Philippiens, 2, 6-7)

    Je ne suis ni théologien, ni bibliste ni exégète. Mais dans ce passage, je vois Dieu qui sort de sa tente pour l’agrandir et y faire entrer tous les humains.

    Par contre, pas besoin de sortir de son coeur pour l’élargir. On peut l’agrandir de l’intérieur, comme Marie qui accepte le plan de Dieu sur elle au jour de l’Annonciation. Marie est plus qu’un mère porteuse. Avec foi et générosité, elle entre dans le plan de Dieu: elle entre dans la tente de Dieu qui la couvre de son ombre. Le Désir de Dieu devient le Désir de Marie. Marie épouse le Désir de Dieu. Marie devient une tente remplie de grâces et de tous dons où pendant 9 mois elle tissera le plus bel Enfant qui soit: la Sagesse incarnée.

  26. Participante à la Béatification de Jean Paul II à Saint Pierre de Rome le 1er mai 2011, j’ai été profondément touchée par le témoignage de sa vie entièrement donnée à Dieu en vivant pleinement et fidèlement sa devise, le «Totus Tuus». Je le reconnais comme le premier fidèle «associé» de la famille montfortaine. Karol Woytila est né en 1920 dans un petit village nommé Wadowice pour terminer sa vie comme Pape, à Rome, ayant fait des pèlerinages et des visites apostoliques dans tous les coins du monde. Marchant sur les traces de Jésus Christ et de St Pierre, Jean Paul II a « élargi l’espace de sa tente » en amoureux et fidèle intendant de Dieu. Ainsi aujourd’hui, il est proclamé le Bienheureux Jean Paul II.

    Dans la personne de Jean Paul II, j’ai devant mes yeux un modèle contemporain qui m’inspire profondément pour continuer à élargir moi-même, l’espace de ma tente !

    Née en 1940 dans un petit village de Corbeil en Ontario, j’ai commencé à élargir l’espace de ma tente en 1960, par ma profession religieuse comme Fille de la Sagesse, une congrégation internationale. Désirant la vie missionnaire, je suis partie en 1969 vivre en Papouasie Nouvelle Guinée pour 22 ans et par la suite, en 1994 aux Philippines pour 13 ans. Depuis 2007, j’appartiens à la communauté de notre Maison Généralice, à Rome. Je suis au service de notre Congrégation pour assurer la formation humaine, spirituelle et montfortaine dans 8 pays.
    Ces années de service international m’offre l’occasion de continuer à « ELARGIR L’ESPACE DE MA TENTE »

  27. J’habite un lieu physique qui m’abrite mais je suis moi même ainsi que mes frères humains habité et abrité par le même Esprit. En cela réside ma paix. Peu importe le type d’habitation puisque tout cela n’est qu’illusion.

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