Choc de la souffrance : moteur de croissance ?

CHOC DE LA SOUFFRANCE : MOTEUR DE CROISSANCE ?
Lucille Deschênes fdls

Vous arrive-t-il de dire : «Heureusement que je suis passé-e par là … Heureusement que nous sommes passé-e-s par là …
• nous découvrons combien la solidarité et le partage sont vivants au cœur des gens
• j’ai une toute autre vision du sens de la vie !
• nous voyons mieux la richesse de nos différences culturelles et autres ; notre besoin les uns des autres …
• jamais je n’aurais fait les choix que je fais aujourd’hui …

La plupart d’entre nous, arrivé-e-s à maturité, avons fait ces constatations … En langage chrétien, «passer par là» veut dire, PASSER PAR L’ÉPREUVE, passer par la SOUFFRANCE (ruptures, pertes, tragédies de toutes sortes) … somme toute, passer par la Croix … Dans ces moments et autrement, il est bon de se rappeler que l’expérience humaine est une excellente pédagogue !

Par ailleurs, les sciences humaines progressent sans cesse. Personne ne peut s’en plaindre, bien au contraire! Des confirmations peuvent ainsi nous être apportées et nous consolider dans notre être de chair puis dans notre foi… Une des dernières avancées des sciences de la psychologie, c’est que les traumatismes occasionnés par les tragédies de toutes sortes sont non seulement sont surmontables mais peuvent devenir source de croissance pour l’être humain. Nous en sortons meurtris bien sûr, mais aussi plus fort-e-s et grandi-e-s. Quel encouragement ! Cependant, enregistrons bien avec un chercheur, que «ce n’est pas le traumatisme qui a un effet positif, mais le fait de se débattre contre le malheur» …

La tragédie du Lac-Mégantic nous a tous laissés abasourdis … De partout, nous nous sommes senti touché-e-s personnellement. Par ailleurs, en suivant l’événement pas à pas, nous avons été témoins d’un courage, d’une solidarité et d’une compassion admirables. Tournés vers les autres, les cris de désespoir et de revendication prenaient une résonance profondément existentielle. Comme si nous étions projetés ensemble vers un lieu contenant du SENS, de l’AMOUR…

En conclusion, serait-il souhaitable de relire des événements douloureux de nos vies, pour justement dégager en quoi ces événements nous ont tiré-e-s et poussé-e-s en avant … Vers une zone de notre être où des forces et des dons ignorés parfois, nous ont fait rebondir vers la VIE ? Le Blog de la Sagesse invite au partage !
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Lecture recommandée : L’Actualité, 1er septembre 2013, «Ce qui ne tue pas …», p.29 et sv

VIVRE AU PRÉSENT

«Votre vie quotidienne est votre temple et votre religion.
Lorsque vous y pénétrez prenez tout votre être avec vous.
Prenez la charrue et la forge et le maillet et le luth,
Les choses que vous avez modelées dans le besoin ou pour votre délice.
Car en rêve vous ne pouvez vous élever au-dessus de vos achèvements ni tomber plus bas
Que vos échecs.
Et prenez avec vous tous les «humains» :
Car en adoration vous ne pouvez voler plus haut que leurs espérances ni vous abaisser plus bas que leur désespoir.
Et si vous voulez connaître Dieu ne soyez pas préoccupé de résoudre des énigmes.
Regardez plutôt autour de vous et vous Le verrez jouant avec vos enfants … »
(Le Prophète, Khalil Gibran pp.78-79)


La Sagesse du Prophète ! La vie quotidienne et même le moment présent est notre seule richesse … C’est le lieu privilégié pour rencontrer le meilleur de moi-même et Celui à qui je suis rattaché-e par le Souffle …
Est-ce pour autant facile de VIVRE AU PRÉSENT ? Nous entrons en dialogue si vous le désirez!

QUI EST PAUVRE ?

QUI EST PAUVRE ?
Lucille Deschênes

Pas facile d’aborder la question vitale de la pauvreté … QUI EST PAUVRE ?

L’autre jour, je sortais d’une causerie où il avait justement été question de la pauvreté et des pauvres. Voilà qu’une personne m’accoste en me disant : «Ne trouvez-vous pas que le discours que nous venons d’entendre était plutôt dualiste ? Personne de nous n’aime être «catégorisé». Lorsque nous voulons parler de notre implication sociale, pourquoi faut-il à tout prix créer une classe de gens ? Je suis très mal à l’aise avec cette manière de parler des autres, en leur épinglant un statut social.»

Alors s’est enclenchée en moi toute une réflexion. Si nous parlons si facilement de «pauvres» n’est-ce pas parce qu’en fin de compte, nous nous considérons riches ? De toute pièce nous créons une catégorie de gens, que nous surnommons «PAUVRES». Et nous le faisons souvent sans même en être très conscient-e-s !
QUI EST PAUVRE ?

Comment corriger un langage souvent exclusif, dualiste : les bons/les méchants, les pauvres/les riches, etc. ?
Cela dépasserait-t-il une question de langage ? Serait-ce une manière d’éviter de regarder en face une situation d’injustice, d’exclusion que nous n’aimons pas toujours dénoncer ?

Par ailleurs, les mots «pauvre et pauvreté» pourraient-ils parfois évoquer un idéal … un idéal évangélique ?

 Le Pape François ne semble pas vouloir faire de discours sur les pauvres et la pauvreté. Jusqu’à maintenant, il manifeste un amour universel par des gestes de tendresse envers ceux et celles qui sont souvent exclus. Le début de son mandat a provoqué parmi les chrétiens et chrétiennes, en particulier, toute une vague de réflexion.
 

Puisse le présent thème proposé par le Blog de la Sagesse permettre un échange qui élargisse et purifie nos cœurs, nos regards et … pourquoi pas, notre langage !

« Celui qui croit au printemps sème toujours en hiver »

(proverbe poitevin)

Dans le livret de Carême 2013(Novalis), l’auteur, Lise Lachance, intitule ainsi  sa réflexion du 18 février : « La foi, d’abord une confiance en la vie ».

Le thème de la confiance  semble d’ailleurs s’imposer ces derniers temps.

Bruno Bélanger, au début d’un article intitulé Confiance*, cite le joli proverbe poitevin : « Celui qui croit au printemps sème toujours en hiver ».  Et, poursuivant sur cette lancée, il ajoute : « La confiance est une condition indispensable à notre épanouissement.  Sans cette confiance envers les autres et envers la vie, il n’y a aucune possibilité de paix ou de bonheur ».

La méditation du 9 février 2013 (Prions en Église)  mentionne que la confiance est indispensable à ceux qui exercent une responsabilité à notre égard. C’est par la confiance que « le dialogue devient possible, personne ne se sentant menacé. Sans cette confiance on creuse des fossés qui peuvent durer longtemps».

«La foi, d’abord une confiance en la vie», nous a dit Lise Lachance. Si nous nous arrêtions aux questions très pertinentes qu’elle  nous propose : « Est-ce que j’ai confiance en la vie?  D’où me vient-elle ?  Sinon, comment me suis-je débrouillé(e)?  Qu’est-ce qui me soutient dans la vie? »

Chers Internautes, à partir de cette brève introduction, un riche échange devient possible entre nous tous et toutes qui fréquentons le Blog de la Sagesse.  La parole est à nous !

Jeannette Roy, fdls

* « Prions en Église » février 2013

L’ATTENTE

« Le plus beau jour, c’était la veille ! »

Cette exclamation, dont je n’ai pas retrouvé l’auteur, symbolise pour moi toute la richesse de vie contenue dans l’attente!

En cette fin d’automne, ne sentons-nous pas aussi la nature en attente?   En attente d’être enjolivée par la première chute de neige –  en attente du repos hivernal qui lui permettra de mieux renaître au printemps – en attente du retour de la gent ailée qui a fuit vers des cieux plus cléments…

Et nous, chers Internautes, combien d’attentes n’avons-nous pas vécues au cours de notre vie?  Cependant, n’est-ce pas avant tout le « pourquoi » de l’attente qui en colore l’atmosphère?  Attente pensive d’une future maman qui s’interroge sur ce petit être qu’elle porte –  attente joyeuse d’une famille qui apprend le retour d’un soldat au pays –  attente sereine d’un couple dont on fêtera le cinquantième de mariage – mais aussi attente anxieuse d’un diagnostic suite à un examen médical – attente patiente de parents devant un jeune qui erre hors du droit chemin…

Suite à cette liste, bien incomplète, je vous invite, chers Internautes, à partager le florilège de vos propres attentes.

Où la Beauté loge-t-elle

OÙ LA BEAUTÉ LOGE-T-ELLE ?

Il y a une chanson de Vigneault qui dit bellement : « Je demeure où l’amour loge …» Le poète nous révèle avec des images et des mots attendrissants que cette demeure privilégiée, c’est le cœur humain.

En est-il de même pour la BEAUTÉ ? Il est grand temps que nous le sachions !

S’il y a une préoccupation qui habite la société actuelle, c’est celle de la beauté. La beauté à tout prix ! Au prix de la santé, de la vie même. Après le suicide d’un jeune homme à cause de l’absorption abondante de stéroïdes, le psychologue Bruno Ouellet affirme : « Ça parle beaucoup des valeurs sociales dans notre société d’images. On a une attitude dopante». Pour les jeunes filles, et maintenant tout autant pour les jeunes garçons, l’image corporelle prime. Tout ce qui est «glamour» est présenté sous l’étiquette «beauté».  Le marché s’est organisé en conséquence : injections hors prix au cours de soirées privées, accès facile aux stéroïdes rapides et populaires, etc. «Inquiétant et désespérant» dit la chroniqueuse, Marie-Claude Lortie.

OÙ LA BEAUTÉ LOGE-T-ELLE ? Faut-il bouder l’esthétique ?

«La beauté sauvera le monde» a dit le grand Dostoïevski. De quelle beauté s’agit-il ?

L’illustration qui accompagne ce Billet pourrait peut-être, entre autres, nous inspirer … Bienvenue aux Internautes qui voudront bien partager leur réflexion.

AVEC OU SANS REPÈRES

La  petite histoire qui suit est présentée comme un condensé de sagesse.
Peut-on marcher droit dans la vie sans repères ?
Faut-il toujours avoir les mêmes repères ?

LE CADRAN SOLAIRE

«Un souverain oriental avait visité l’Occident. De ce voyage, il rapporta un cadran solaire pour ses sujets  qui n’avaient pas encore la notion du temps.

Cet étrange cadeau changea la vie du royaume. En regardant le cadran, les sujets apprirent rapidement à diviser la journée en heures et à subdiviser le temps. Ils devinrent ponctuels, réguliers, assidus et l’on pouvait compter sur eux. En quelques années, ils réussirent ainsi à acquérir aisance et richesse.

Quand le souverain mourut, ses bons et prospères sujets décidèrent d’ériger un monument à sa mémoire. Le cadeau solaire étant à la fois symbole de la bonté royale et source de la richesse du peuple, ils voulurent l’entourer d’un magnifique temple, surmonté d’une belle coupole dorée.

Quand la construction fut achevée, les rayons du soleil ne purent plus atteindre le cadran solaire sous la coupole.

Le mince filet d’ombre projeté par le soleil qui avait indiqué les heures aux habitants disparut en même temps que le repère d’orientation constitué par le cadran.

Quelques habitants cessèrent d’être ponctuels, certains retombèrent dans le flou d’antan, d’autres oublièrent d’être assidus. Chacun allait son chemin sans plus s’occuper de quiconque. Et tout le royaume tomba en décadence.

  • Ne sommes-nous pas en train de faire la même chose quand nous enfermons Dieu dans une espèce de musée ou quand nous en faisons un gardien de cimetière ?»

Bruno Ferrero dans «Graines de sagesse. Seul le vent le sait.» p.60

Le travail est le sel de la vie. *

Ce proverbe signifie que, tel le sel qui rehausse la saveur des aliments, le travail rehausse la valeur de la vie.   Mais comment le fait-il? Tout d’abord il est source de dignité car on apporte ainsi sa quote-part à la construction de la société. De plus, il favorise l’accomplissement de soi par la mise en œuvre de ses possibilités. Exercé dans un milieu favorable, il stimule également la créativité.  Dignité, accomplissement de soi, créativité ne sont que quelques-uns des multiples aspects positifs du travail.

Mais, il faut être réalistes et constater que toute situation humaine a ses aspects négatifs et le monde du travail n’y échappe guère.  Pour en citer quelques-uns : travail des enfants, exploitation des travailleurs, domination des multinationales, conflits patrons-employés, surcharges causant le stress….

Enfin, il ne faut pas négliger un volet très important du monde du travail qui a été gagné de haute lutte au 19e siècle dans certains milieux : les congés qui permettent le repos, la détente et les loisirs.  Fait intéressant à savoir, ce n’est pas l’époque moderne qui les a inventés.  Au moyen âge, dans une Europe chrétienne, les fêtes religieuses étaient nombreuses (141 selon un enquête historique) et permettaient un arrêt fort apprécié de la besogne journalière.

Cher-e-s Internautes, voilà matière à de nombreux et intéressants échanges … À vous la parole maintenant !

Le travail donne-t-il  de la saveur à la vie ?

*  Th. Fuller dans « Gnomologia, adagies and proverbs » 1732

LE JEU DES APPARENCES

«ÊTRE TENDANCE», selon l’expression consacrée, n’est-elle une des préoccupations dominantes dans la culture actuelle ! Nous reviendrons sur cette  expression. En attendant,  il est évident que le PARAÎTRE a pris une importance inimaginable aujourd’hui ! Si on réalise que d’avance la question de l’identité n’est pas simple dans la croissance personnelle, que dire dans une situation où l’entourage,   mine de rien, impose, pour ainsi dire, une manière de faire, de penser etc. À mesure que la personne prend de l’âge, une lutte réelle  s’engage entre le droit d’être soi-même et la peur de ne pas répondre aux barèmes sociétaires, à l’exigence de plaire, d’être «conforme» …  Le texte qui suit nous révèle jusqu’où peut aller cette lutte …

«Nous avons une propension (tendance) invétérée à simplifier ce que nous voyons. Il me suffit d’avoir identifié que cette femme, qui avance dans la rue, est Mme Thomas, pour que je n’aie plus besoin de lui porter une attention. Pourtant, elle a aujourd’hui un visage particulier, un regard effaré qui n’est pas son sourire habituel. En contraste, son vieux chien jaune est d’humeur encore plus folle que d’ordinaire. Au moment où je vais la croiser, elle va se composer une apparence tout à faire correcte. Elle posera dans son «personnage» de vieille dame sérieuse, distinguée, et toujours bien mise. Ce qui est très commode au fond pour moi, c’est une invitation à en rester à l’identification habituelle. Et pourtant ce regard ! Ce regard qu’elle avait dans la rue, au moment où elle ne posait pour personne ! C’est à travers lui que  le voile se déchire, qu’une profondeur se découvre en cascade, par-delà les masques et les propos convenus. Elle ne dira rien dans la salutation et les petits mots sur le temps qu’il fait. Mais si je lui accorde un peu d’attention, elle laissera percer un peu de son désarroi. Si  elle se sent en confiance et qu’elle peut parler, elle racontera son histoire. En attendant, elle fait comme tout le monde, elle cherche à sauver les apparences en donnant à penser que tout va bien, alors qu’au fond d’elle-même, elle est au plus mal.»   (Serge Carfantan ; philo et spirit. Leçon 155 : apparence et réalité)

Le JEU DES APPARENCES … quel vaste sujet de réflexion ! Si vous êtes d’accord, chers Internautes,  nous pourrions nous y arrêter … plus longuement.

LA RELIGION : À LA MAISON !

Lucille Deschênes

L’autre jour en descendant à la station de métro, j’aperçus une dame qui se tenait discrètement dans une encoignure en présentant aux  passants, ce qui m’a paru, une brochure. Parvenue vis-à-vis d’elle, j’ai dû dévier de ma trajectoire parce qu’une autre dame qui me précédait s’est dirigée directement vers celle qui tendait le document. Et j’entendis : «MADAME, LA RELIGION : À LA MAISON !»  En autant que j’ai pu entendre, aucun échange ne s’en est suivi.

Dommage non ?  La femme qui distribuait le document était fort discrète. Était-elle connue de l’autre ? Il y a en effet des «abonné-e-s» dans les endroits publics pour différents motifs. Il y des musiciens, des chanteurs …  Ceux-là  —  c’est habituellement des hommes — sont autorisés. On finit par les reconnaître et leur présence est tolérée et même, elle tempère la tension qui électrifie le pas des voyageurs vers le wagon de métro. Mais là, il ne s’agissait pas de musique mais de publicité «religieuse». L’affirmation catégorique: «LA RELIGION : À LA MAISON»,  disait  en d’autres mots : «Vous outrepassez vos droits, la religion est une affaire privée. C’est  offensant de vous voir ici, faire cette promotion !» Il aurait été intéressant d’entendre la discussion qui aurait pu s’en suivre, ne trouvez-vous pas ?

La religion est une affaire privée …  Qu’y a-t-il sous cette affirmation ?

«Bien sûr», la religion et la foi sont avant tout, des quêtes personnelles. Elles portent des valeurs qu’on nourrit intérieurement, souvent dans le retrait et le silence intérieurs. «Mais» elles sont aussi des réalités communautaires. Le christianisme est une religion qui rassemble. Le Christ a proposé un évangile pour la transformation du monde au profit de la personne humaine et de sa vie en société.» (Denis Gagnon, op, Spiritualité 2000)

Chers Internautes, si nous prolongions cette réflexion …