QUI EST PAUVRE ?

QUI EST PAUVRE ?
Lucille Deschênes

Pas facile d’aborder la question vitale de la pauvreté … QUI EST PAUVRE ?

L’autre jour, je sortais d’une causerie où il avait justement été question de la pauvreté et des pauvres. Voilà qu’une personne m’accoste en me disant : «Ne trouvez-vous pas que le discours que nous venons d’entendre était plutôt dualiste ? Personne de nous n’aime être «catégorisé». Lorsque nous voulons parler de notre implication sociale, pourquoi faut-il à tout prix créer une classe de gens ? Je suis très mal à l’aise avec cette manière de parler des autres, en leur épinglant un statut social.»

Alors s’est enclenchée en moi toute une réflexion. Si nous parlons si facilement de «pauvres» n’est-ce pas parce qu’en fin de compte, nous nous considérons riches ? De toute pièce nous créons une catégorie de gens, que nous surnommons «PAUVRES». Et nous le faisons souvent sans même en être très conscient-e-s !
QUI EST PAUVRE ?

Comment corriger un langage souvent exclusif, dualiste : les bons/les méchants, les pauvres/les riches, etc. ?
Cela dépasserait-t-il une question de langage ? Serait-ce une manière d’éviter de regarder en face une situation d’injustice, d’exclusion que nous n’aimons pas toujours dénoncer ?

Par ailleurs, les mots «pauvre et pauvreté» pourraient-ils parfois évoquer un idéal … un idéal évangélique ?

 Le Pape François ne semble pas vouloir faire de discours sur les pauvres et la pauvreté. Jusqu’à maintenant, il manifeste un amour universel par des gestes de tendresse envers ceux et celles qui sont souvent exclus. Le début de son mandat a provoqué parmi les chrétiens et chrétiennes, en particulier, toute une vague de réflexion.
 

Puisse le présent thème proposé par le Blog de la Sagesse permettre un échange qui élargisse et purifie nos cœurs, nos regards et … pourquoi pas, notre langage !

19 réponses à “QUI EST PAUVRE ?

  1. Le sujet actuel que ce Blog ouvre, pourrait être un terrain miné parce qu’il soulève justement une question vitale.

    À quoi tient la pauvreté ?

    Comme moi, vous avez dû rencontrer des personnes que nos «catégories» actuelles classent parmi les miséreux et, en leur parlant, on peut tout aussi bien découvrir que ces personnes ne semblent pas pour autant malheureuses … Or, j’imagine que la vraie pauvreté (un manque du nécessaire pour vivre dignement) ne peut pas rendre heureux. Parfois l’insécurité qui s’en suit peut devenir une véritable torture, surtout si des enfants sont en cause.
    Je n’oublie pas pour autant qu’une véritable foi en la Providence peut aider des croyant-e-s à traverser des périodes où le manque se fait douloureusement sentir. Mais je suis aussi convaincu que la Providence passe PAR des mains et des coeurs humains. Dieu ne viendra pas en personne, soulager la pauvreté. Il souhaite cependant qu’une société soit juste et généreuse pour ceux et celles qui sont dans le besoin.

  2. « Dieu ne viendra pas en personne, soulager la pauvreté.» Mais la loi peut faire quelque chose. Non ?
    Déjà à l’époque de la Troisième République Anatole France écrivait et je cite : « La loi, dans un grand souci d’égalité, interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts, de mendier dans les rues et de voler du pain ».
    Mais, à bien y penser depuis quand les besoins des uns sont les besoins des autres ?
    What a big question !!!

  3. Pauvre…..
    Dans une société où l’on trouve toujours des plus nantis que soi, la tentation de s’affubler du nom de pauvre nous guette. Pas que nous soyons démunis mais plutôt que nous nous comparons à celles et ceux qui ont une plus grande maison, une auto plus luxueuse, qui se paient des voyages exotiques, dont les enfants sont habillés à la dernière mode….. Le matérialisme. Également au niveau des talents, des capacités intellectuelles, des connaissances, de l’éducation… Sommes-nous pauvres là aussi?
    Une pauvreté qui m’interpelle particulièrement se situe au niveau du vécu de ma foi. C’est une pauvreté devant la surabondance et elle tient peut-être du refus. Cette pauvreté se réclame de l’humilité et d’une bonne dose de réalité.
    Cette pauvreté me rappelle que les moins nantis que moi, les moins instruits, les moins pieux, les moins tout ce qu’on voudra….sont tous les aimés de Dieu. À ce moment-là la pauvreté prend une nouvelle dimension qui m’échappe puisque je suis aux prises avec ma propre pauvreté.

  4. La base du jugement qui nous fait classer l’humanité entre «pauvre» et «riche» est essentiellement la richesse matérielle présente ou absente … La compassion y préside peu.
    Or, il y a, comme nous le fait remarquer Carmel, de multiples sortes de pauvreté, donc de richesse !

    «Entendre le cri de l’autre, c’est déjà le secourir.
    Partager son pain, c’est humain, ouvrir son coeur à l’autre, c’est aller encore plus loin.» Robert Riber

    En ce sens, celui ou celle qui est démuni-e matériellement peut être vraiment plus riche que la personne en pleine sécurité matérielle. Souvent plus riche en liberté, en ouverture par rapport à ses semblables, plus apte à accueillir tout ce qui la fait grandir ! Il y a aussi des bien nantis qui ont appris à être pauvres !

    J’ai été jeune à cette époque où, dans les régions rurales, nous vivions des produits de la terre et nous nous battions pour obtenir justice face aux compagnies minières qui mangeaient une partie de la récolte annuelle. Mais il y avait une autre richesse : le partage généreux qui existait entre voisin, jusqu’aux corvées des foins, de pommes de terre et des boucheries ! C’était malgré le poids du travail une grande fête humaine et humanisante !

  5. « Bienheureux les pauvres en esprit, ils auront la terre en héritage …. » Bien souvent, il y a confusion…. Être pauvre en esprit, est une grâce, un idéal vers lequel nous pouvons tendre. C’est vivre chaque jour en accueillant notre vie, qui est un don et non un dû. C’est lutter pour vivre l’ouverture avec tous et toutes sans se crisper sur des biens. C’est ? À chaque personne d’inventer, en lien avec elle-même et son idéal.
    Mais, ne pas avoir de toit, ne pas avoir de pain, ne pas avoir de manteau, ne pas pouvoir accéder aux soins, à l’éducation, à la culture, à la vie active d’une société, à … ! Ce n’est plus la pauvreté, mais la misère qui conduit à tous les maux, parce qu’elle est déshumanisante.
    Tous et toutes, que nous soyons «argentés» ou pas, nous avons à travailler à notre humanisation et à favoriser celle de nos semblables.

  6. Nous sommes tous pauvres de quelque chose.
    Actuellement c’est la pauvreté économique qui a la côte. Parce que c’est devenu une business payante. Hé oui! faire de l’argent au nom de la pauvreté est très payant. Nos organisations charitables chrétiennes tel que guignolées, Développement et Paix ont de la compétition. C’est bien que tous volent au secours des plus démunis mais avec quelle efficacité, quelle éthique ?

    Mais c’est de la pauvreté intellectuelle dont on souffre.

    Le crime et le terrorisme, plus on nous fait peur avec ces fléaux, plus on investi dans de la brique et la sécurité et moins dans l’éducation. La peur irraisonnée est un manque d’éducation.

    Nous dirigeant-e-s n’ont plus cette éducation d’il y a quelques décennies(i.e.réthorique,logique,droit) Même les dirigeants des hautes institutions financières sont à la remorque du sacro-saint « rendement ». L’éthique sociale passe au second plan. Le NPD a même rayé le mot social de son vocabulaire de campagne politique.

    Quant à appeler un pauvre: « un pauvre », il y a un discernement à faire dans le vocabulaire pour désigner la personne ou parler du problème. La langue française est tellement riche, ne commençons pas à rayer les mots de notre vocabulaire parce qu’on ne sait plus s’en servir.

    C’est de pauvreté spirituelle dont ont a faim.

    La plus grande pauvreté est le manque de spiritualité. C’est de l’esprit que partent le rêve ou la détresse, l’imagination ou le désert, la joie ou la dépression, le bien ou le mal.

  7. La journée de la Terre que nous célébrons aujourd’hui est tout à fait en harmonie avec notre thème de la pauvreté. Je partage donc avec vous quelques textes que j’ai recueillis ce matin sur le moteur de recherche Google:

    « La proclamation du 22 avril comme Journée internationale de la Terre nourricière est une reconnaissance que la Terre et ses écosystèmes sont source de vie et de nourriture pour ses habitants. Cette Journée appelle également à une prise de responsabilité collective, telle que réclamée par la Déclaration de Rio de 1992, pour promouvoir l’idée d’une harmonie avec la nature et d’un juste équilibre entre les nécessités économiques sociales et environnementales au bénéfice des générations présentes et futures.
    La Journée internationale de la Terre nourricière nous offre l’opportunité, à travers le monde de sensibiliser l’opinion publique aux défis qui concernent le bien-être de la planète et de la vie qui en dépend.
    Le 20 avril 2011, Asha-Rose MIGIRO, Vice-Secrétaire générale de l’ONU, a appelé les pays à adopter un modèle économique économe en ressources, favorables aux pauvres, et à faible teneur en carbone, qui assurera le développement tout en favorisant l’harmonie avec la nature ».

    Je souhaite à tous les habitants de notre belle et fragile planète bleue une magnifique journée.

  8. En lien avec le texte de Jeannette, je vous renvoie aux sites WEB suivants qui nous présentent les agissements inquiétants de multinationales telles MONSANTO. Quand on pense à la situation précaire d’agriculteurs des pays ‘pauvres’ et aux risques pour notre planète nourricière, il y a de quoi s’interroger pour ne pas dire s’inquiéter et s’engager en réagissant comme nous le pouvons…
    OGM : suicide « collectif » de 1500 fermiers indiens (Blogs Médiapart)
    http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-therese-ferrisi/071211/ogm-suicide-collectif-de-1500-fermiers-indiens

    La menace des « super mauvaises herbes » s’amplifie (Futura-sciences)
    http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/botanique-1/d/ogm-la-menace-des-super-mauvaises-herbes-samplifie_19036/

    Le « Monsanto Act » met les OGM au-dessus de la loi aux États-Unis (Le Monde)
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/05/comment-monsanto-a-mis-les-ogm-au-dessus-de-la-loi-aux-etats-unis_3154615_3244.html

  9. Qui est pauvre?

    Voilà bien un thème universel qui traverse le temps et qui probablement ne disparaîtra jamais!
    Il est vrai que la pauvreté est omniprésente de nos jours. Mais si elle existait pour nous décentrer de nous et nous faire tourner le regard vers l’autre?…Ou encore pour nous faire prendre conscience de nos propres « pauvretés »?

    Il y aura toujours des personnes « appauvries », comme je préfère les nommer.
    Pour moi, dire qu’une personne est « pauvre », vient à l’encontre de sa nature même de fils ou fille de Dieu qui l’a créée à son image et à sa ressemblance, donc riche à l’intérieur.

    Voilà pourquoi je préfère dire qu’une personne est appauvrie soit matériellement, physiquement, psychologiquement etc…et pour une certaine durée parfois!

    J’ai vu et rencontré de ces personnes appauvries:
    -un ingénieur en dépression devenu itinérant à l’âge de 50 ans, appauvri psychologiquement par le traumatisme de son divorce
    -des jeunes mères devenues bénéficiaires de la Sécurité du revenu, pour subvenir aux besoins primaires de leurs enfants et d’elles-mêmes, suite à la non reconnaissance de paternité ou l’abandon du père de leur enfant…Elles sont appauvries matériellement durant une période de leur vie mais plusieurs s’en sortent avec dignité et courage
    -des personnes soumises à des difficultés d’apprentissage scolaire sont appauvries par certaines limites intellectuelles ou un milieu dysfonctionnel mais réussissent un jour avec de l’aide, à développer leurs richesses…insoupçonnées au départ
    -des personnes avec un handicap physique, sont appauvries dans leurs membres, dans leurs corps seulement…mais combien riches de leur courage, leur persévérance, leur espoir qu’ils transmettent aux soi-disant bien portants!

    Comme vous en connaissez certainement tout autant, la liste pourrait donc s’allonger indéfiniment. Mais pour moi, le plus important est que chacune de ces personnes que je croise, se sente un être à part entière qui, pour de multiples raisons, se retrouve appauvrie mais non pauvre!

  10. J’ai déjà eu faim… En temps de guerre il arrivait parfois que les routes soient bloquées alors si les provisions étaient finis, tant pis… Il fallait attendre les moments de trêve pour courir se réapprovisionner dans l’épicerie la plus proche. Quant on a faim, on ne pense qu’à manger; avoir l’estomac dans les talons c’est très frustrant.
    Alors, comme l’a mentionné un des intervenants sur ce blog, la pauvreté est une véritable torture et ce, non seulement parce que la personne ne mange pas à sa faim mais aussi parce que celle-ci limite les horizons et est fort capable d’empêcher la personne d’atteindre son plein potentiel, de se réaliser et d’accomplir la destinée à laquelle elle est appelée.
    Puisque la pauvreté existe vraiment, pourquoi avoir peur de l’appeler par son nom? Ne dit-on pas qu’il faut appeler un chat un chat? Par contre, là où il faut assainir son langage c’est au niveau du ton avec lequel le mot « pauvre » est prononcé. Est-il prononcé avec mépris? avec condescendance? Sur un ton hautin? Ou encore est-il prononcé dans le but de montrer « sa supériorité » sociale? ou plutôt avec compassion et dans le but de venir en aide au pauvre pour que son joug soit moins lourd à porter

  11. Sous le titre « L’hiver indien » voici ce qu’écrivait, il y a quelques semaines, Mario Roy éditorialiste au quotidien « La Presse »: « Nulle part les nations autochtones conquises ou dominées, ou décimées, ou tout cela à la fois, par les colonisateurs européens il y a 400 ou 500 ans n’ont eu un parcours facile dans les siècles qui ont suivi. Des Amériques à la Nouvelle-Zélande, aucune société ne semble avoir trouvé de parfaite formule d’intégration tenant compte de la singularité et des aspirations des peuples autochtones ».

    Si j’aborde ce sujet dans ce Blog, c’est pour souligner le fait qu’un peuple peut être « apauvri » par un autre de ce qui fait sa richesse c’est à dire de son « identité » qui se traduit dans une culture qui lui est propre.

    Ces jours-ci, les journaux nous informent au fur et à mesure des audiences de la « Commission de vérité et réconciliation (CVR) sur ce qu’on vécu les peuples autochtones du Canada suite aux mesures arbitraires d’assimilation des gouvernements canadiens successifs.

    Les poignants témoignages à la Commission en font foi: existe
    t-il une plus grande pauvreté que d’être littéralement arraché à sa famille pour être mis dans un pensionnat (soit-disant autochtone)où l’on subira sévices et incompréhension?

    C’est là une sombre page de notre Histoire sur laquelle nous avoir le devoir de nous documenter. Voici ce que Marie-Michèle Sioui écrivait le 27 avril dernier dans « La Presse »: « Si les membres des Premières Nations appelés à témoigner de leur expérience dans les écoles résidentielles ont rapporté d’horribles épisodes de violence et de déracinement, ils ont également tous évoqué le soulagement de pouvoir enfin partager leur histoire et surtout l’importance de poursuivre le travail au-delà de la Commission ».

    Chers Internautes, j’attends vos commentaires sur ce sujet que nous nous devons aborder avec courage et lucidité.

  12. Je vous reviens avec un sujet brûlant d’actualité: la tragédie du Bangladesh! Au dernier bilan 433 travailleurs et travailleuses du textile oeuvrant dans des conditions dangereuses (bâtiment construit sur un sol instable) ont péri par l’incurie de responsable locaux. Mais n’avons-nous pas nous aussi à nous questionner en tant qu’acheteurs? Ne profitons-nous pas des bas-prix dûs à une main d’oeuvre mal payée et oeuvrant dans des conditions inhumaines? Ne sommes-nous pas jusqu’à un certain point « complices » d’une situation qui refuse aux travailleurs et travailleuses de ces contrées la qualité de vie à laquelle ils ont droit?
    Je conviens que la situation’ est complexe mais je déplore qu’il faille une telle tragédie pour nous alerter à une réalité qui perdure depuis trop longtemps.
    En terminant, je cite un extrait de l’éditorial de M. Pierre Jury publié ces jours-ci dans le quotidien « Le Droit » sous le titre « Toujours moins cher »: « Savar, au coeur du Bangladesh est peut-être à l’autre bout du monde, mais des milliers de Canadiens portent des vêtements faits dans ce pays – et même dans cet édifice(…) La perspective d’économiser est attirante, certes, surtout pour les gagne-petit. Mais au-delà d’un certain seuil, tous les consommateurs doivent réaliser que les quelques sous d’économie qui sont réalisés ont des conséquences affreuses à l’autre bout de la chaîne de production. Les client sont tombés dans le piège et doivent s’en sevrer s’ils veulent éviter d’encourager des pratiques commerciales délétères et les salaires de misère dont ils se nourrissent. »

  13. Quelques réflexions sur la pauvreté:

    La pauvreté est une véritable torture lorsqu’elle n’est pas choisie.

    La pauvreté devient une vertu lorsqu’elle est choisie librement dans le but de communier avec les souffrances de ceux et de celles qui ont eue moins de chance dans la vie.

    La pauvreté n’est pas l’œuvre de Dieu, elle est une injustice crée par l’Humain

    On peut opter pour une vie pauvre mais on ne peut imposer la pauvreté à nos enfants

    L’avidité est la mère de la pauvreté : même riches, certaines personnes, jamais rassasiées, sont prêtes à se mettre à genoux pour agrandir leurs avoirs.

  14. J’endosse de tout cœur l’affirmation de «Faim de Loup» au sujet de la faim qui devient torture lorsqu’elle n’est pas choisie… «la pauvreté est une véritable torture et ce, non seulement parce que la personne ne mange pas à sa faim mais aussi parce que celle-ci limite les horizons et est fort capable d’empêcher la personne d’atteindre son plein potentiel …», nous disait «Faim de Loup» dans sa première intervention. Fort juste et profondément touchant tellement c’est vrai. Lorsque nous pensons à tous ces enfants de par le monde qui meurent de faim … quelle responsabilité est la nôtre, nous qui appartenons à un pays où l’accès aux biens de base est plus possible, moins difficile disons.

    Que voulait dire Jésus lorsqu’il a déclaré : «Heureux les pauvres en esprit, le Royaume des cieux est à eux !» Jésus ne bénit pas la misère. Il invite plutôt à nous aider mutuellement à en sortir. Luc s’attarde à la pauvreté matérielle mais Matthieu a une autre perspective …

    Matthieu présente la pauvreté comme une voie spirituelle… «Les pauvres d’esprit» chez Matthieu expriment une attitude du cœur plutôt qu’une réalité physique ou sociologique…

    On appelle pauvre celui qui, amoureusement et humblement cherche Dieu … (Isaïe 66, 1-2) En conclusion, le pauvre est celui qui reconnaît, admet sa misère… sa pauvreté sans sombrer dans le négativisme ou la désespérance. Au contraire cette attitude libère, rend libres intérieurement.

    Cette pauvreté prend différents visages :
    Physique : une santé qui dépérit est une nouvelle pauvreté; on a besoin d’aide… on devient dépendant
    Psychologique : nos blessures personnelles, nos limites de toutes sortes, nos héritages familiaux et autres …
    Pauvreté morale et spirituelle : tout ce que nous reconnaissons chez-nous comme des négations d’une vie saine et pleine – nos manques souvent connus de nous seuls, nos doutes quant à notre valeur personnelle, quant au respect des semblables … etc.
    Pauvreté affective : difficultés dans nos relations à tous les plans, individuelles et de groupes.

    Reconnue et assumée, cette pauvreté peut être libérante. Vous serez d’accord avec moi que cette prise de conscience de notre fragilité et de nos limites doit être accompagnée d’un approfondissement de la relation à notre Source, à Christ Sagesse, ressuscité et présent au cœur de toutes nos réalités.

  15. Chers Internautes,
    Nos échanges me frappent par leur réalisme et leur pertinence. C’est pourquoi je voudrais ce matin partager avec vous un geste sublime(le mot n’est pas trop fort) qu’une famille a posé malgré l’immense douleur de la perte de leur enfant. Dans un de nos quotidiens francophones on voit dans la rubrique « Nécrologie » la photo d’un charmant jeune garçon (dont je tais le nom par respect pour la famille) il est y mentionné que « …. décédé accidentellement le jeudi 25 avril à l’âge de 12 ans est la grande fierté de ses parents ». Notez le temps présent du verbe « est » que je trouve très significatif! Ils ajoutent cette touchante affirmation: « Malgré son jeune âge, …. avait compris l’importance d’un don d’organe. Ainsi, il continue à vivre par sa grande générosité ».

    Pour ma part, c’est la première fois que je lisais cette mention dans une nécrologie. Je sais que le don d’organe existe dans nos divers milieux mais je trouve particulièrement émouvant que les parents aient tenu à le mentionner sans doute pour encourager d’autres à le faire. Et je crois que cette « grande générosité » qu’ils ont voulu souligner trouve sa place dans notre Blog dont le thème actuel est la pauvreté.

    Après avoir déploré, avec raison, les attitudes irresponsables et souvent criminelles de certains groupes et/ou individus dans le domaine de la pauvreté nous découvrons ici un aspect positif de l’être humain: enrichir l’autre par le don de soi-même. Qui sait combien de personnes ont recouvré la santé grâce à ce grand et beau geste. Qu’en pensez-vous, chers Internautes?

  16. Cher Internautes,
    Je désire ce matin pour vous reparler de la catastrophe de Dacca. Le 11 mai dernier un article de « La Presse » titrait « Une miraculée sortie des décombres » et en sous-titre: « 17 jours après l’effondrement au Bangladesh ». « Un des secouristes a mentionné que cette femme avait eu accès à de la nourriture pendant 15 jours mais que les réserves s’étaient épuisées voici 2 jours ».
    Et voilà ce que je veux partager avec vous: loin de moi l’idée de faire l’apologie du type pauvreté qui règne dans certains pays due à l’injustice et l’égoïsme d’individus et de pays bien nantis. Mais, selon moi, vivre un certain degré de manque permet de développer ce que l’on appelle la « résilience ».
    J’ai exploré ce concept lors de recherches pour bâtir une série d’entretiens donnés à un petit groupe de jeunes Soeurs de notre Congrégation dont la majorité venait de pays en voie de développement. Mon but était de leur démontrer que l’on peut vivre des choses difficiles et ne pas se laisser démolir et surtout rester soi-même.
    Ce concept a été emprunté à l’ingénierie pour définir la capacité d’un matériau à retrouver sa forme originale après avoir subi des déformations par pression. Ce terme exprime la réalité de la souffrance(pressions) et l’espoir (retrouver sa force originale). La résilience présente deux composantes: « Tout d’abord la résistance à la destruction, c’est à dire la capacité de l’individu à protéger son intégrité quand il est soumis à de fortes pressions et la capacité de se constuire une vie riche en dépit des circonstances difficiles. Il importe de savoir que la résilience est aussi ancienne que l’humanité car celle-ci n’aurait pu survivre sans résilience ».
    Et voici pour terminer un clin d’oeil humoristique: « Le symbole de la résilience est le pissenlit qui pousse partout et à travers les pires obstacles ».
    Chers Internautes, je vous souhaite une belle journée sous le signe de la « résilience ».

  17. L’avant dernier commentaire de Jeannette Roy me fait réaliser qu’on ne peut parler de pauvreté sans parler de Don. Le Don est un geste généreux et parfois même héroïque Toutefois les intentions qui le motivent peuvent être beaucoup moins nobles que le geste en soi. Par exemple certaines personnes donnent uniquement pour étancher leur soif de compliments et rehausser leur égo. Ainsi pour juger de la beauté d’un don il faut toujours examiner les intentions qui le motivent. Ceci me fait penser que le don de ce jeune duquel parle Jeannette dans son commentaire est d’une sublime beauté car il ne peut être qu’uniquement guidé par l’Amour.
    Merci de l’avoir mis en lumière

  18. Le plus grand don pour guérir toute pauvreté: la Foi.
    Le plus grand don pour guérir toute blessure,
    Le plus grand don pour guérir toute misère,
    Le plus grand don pour guérir toute faim et
    toute soif…………………………..
    LE PAIN DE VIE ET LE SANG DE LA NOUVELLE ALLIANCE
    ALLELUIA, ALLELUIA, ALLELUIA!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  19. La pauvreté physique comme la richesse matériel existe malheureusement. Ce à quoi il faut penser cependant à mon avis est notre richesse divine dont personne ne peut nous enlever et cela n’est pas une illusion. Nous sommes appelés à penser à la richesse collective et la richesse individuelle qui nous habite pour la partager avec nos frères et lorsque nous aurons changé notre façon de voir nous pourrons partager avec cœur notre richesse physique ou matériel car nous aurons vu la réalité.

    Nous pourrions faire l’exercise de relever toutes nos richesses « pauvres – riches ». Humainement parlant nous sommes spontanément portéS à faire des catégories et des divisions ou à juger. Il faut à mon avis être vigilant face à nos pensées même quand on dit à l’autre qu ‘il ne faut pas faire des classifications. Notre ego est parfois subtil dans la façon de se mettre au-dessus des autres. Je ne crois pas que la culpabilité ou le jugement est divin je crois plûtôt que les différences que je vois est un appel à se souvenir que nous sommes tous de la même source. En Dieu il n’y a pas de différences. C’est pourquoi à mon avis, les personnes qui ont vécu dans les camps de concentration pouvaient dire : « on peut me faire les pires humiliations physiques mais on ne pourra jamais m’enlever ma valeur « .Magda Hollander Lafont dans son livre. «Quatre petits bouts de pain», dit, et je cite: « j’ai senti qu’en moi il y avait un espace que les bourreaux ne pouvaient atteindre ».
    La séparation donc riche/pauvre ne serait donc pas vraiment réel, ce que dit le «Cours en Miracle».

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